Avis du vol TransAsia Airways Ishigaki Hualien en classe Economique

Compagnie TransAsia Airways
Vol GE6811
Classe Economique
Siege 7C
Avion ATR 72-500
Temps de vol 01:15
Décollage 20 Mai 12, 19:40
Arrivée à 20 Mai 12, 19:55
GE   #60 sur 133 Compagnies Un minimum de 20 flight-report est nécessaire pour apparaitre dans le classement. 21 avis
marathon
Par GOLD 1833
Publié le 21 mai 2012
C'est Marathon dans le monde des charters taïwanais ? le retour.

GE0011 TSA ? HUN
GE6812 HUN ? ISG
GE6811 ISG ? HUN Vous êtes ici
GE0016 HUN ? TSA

Je n'ai pas poussé mon exploration des aéroports de nulle part jusqu'à faire un saut de puce vers Yonaguni (OGN). OGN, comme vous pouvez le voir sur la carte, est l'île japonaise la plus à l'ouest, et donc la plus proche de Taïwan, mais c'est bien là son seul intérêt. Elle est reliée à ISG par un unique vol aller-retour en milieu de journée, ce qui veut dire qu'on a le choix entre faire un aller-retour express, ou gaspiller presque deux jours en passant vingt-quatre heures sur place pour ne pas voir grand-chose. Qui plus est, le billet d'avion est très cher, de 15 000 à 20 000 JPY (150-200 EUR) suivant le tarif. Bien sûr, il est aussi possible d'y aller en bateau, comme l'indique le nom de ce ferry, mais c'est certainement long, et cela ne rend pas l'île plus intéressante pour autant.

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Bref, je ne suis pas allé à OGN, mais à Iriomote, grande île presque entièrement couverte d'une jungle difficilement pénétrable, où se trouve notamment la plus longue rivière de l'archipel d'Okinawa, avec deux belles cascades que l'on atteint en une demi-heure de bateau à fond très plat sur la courte section navigable et une heure de marche sur un sentier.

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Iriomote est aussi célèbre pour son chat (yamaneko = chat de montagne, en japonais), une espèce nocturne très menacée, et donc rarement observée. Ce qu'on observe en revanche, c'est une pléthore de panneaux recommandant de conduire doucement de peur d'en écraser un, et de raisons commerciales utilisant son nom.

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Comment qualifier cette attraction ? L'île de Yubu est séparée d'Iriomote par un gué qui ne fait pas vingt centimètres de profondeur, franchi sans problème par les voitures des locaux. Mais les touristes doivent prendre ces chars à buffles, aussi chers que lents.

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D'autant plus lents que celui-ci s'est arrêté à deux mètres de l'arrivée pour satisfaire un besoin naturel sans se presser. Les Japonais semblent trouver cela follement pittoresque. Moi aussi, mais au deuxième degré. J'ai fait l'impasse, ça vous surprend ?

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Revenons au sujet du FR avec cet ouvrage d'art qui rappelle l'aéroport de Hiroshima : ISG est complètement enclavé par l'urbanisation, ce qui interdit notamment d'allonger la piste pour accueillir des gros porteurs. Un nouvel aéroport devrait ouvrir en 2013, plus loin de la ville au nord-est. Zoomez sur la photo satellite de Google Maps : on voit très bien les deux sites. Le nouvel aéroport sera sur un plateau, ce qui a imposé de surélever les feux d'approche côté sud.

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Mon idée d'un viaduc, c'est qu'il va jusqu'à l'autre extrémité d'une vallée. Je commence à comprendre mes difficultés de compréhension du monde aéronautique : on n'est vraiment pas câblés pareil.

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N'ayant pas peur des mots : ce FR va probablement entrer dans l'histoire, car je doute qu'un autre FRiste vienne à ISG avant le déménagement. Je me suis réservé deux heures avant mon départ pour un peu de spotting, comptant sur ma mobilité avec une voiture de location. Evidemment, j'ai un peu erré au début, pilant net pour photographier ce 737 JTA au décollage à travers le pare-brise.

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Puis cavalant à travers un champ pour saisir cet autre au roulage

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Avant de découvrir qu'ISG est en fait très spotter-friendly : au ras de la piste 04, légèrement en contrebas, il y a une vaste esplanade gazonnée, avec en bonus de la place pour garer une voiture, ce qui ne va pas du tout de soi en zone urbaine au Japon. Vue dégagée pile dans l'axe de la descente, ce qui permet de voir les feux de loin.

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Et le périmètre aéroportuaire ici :

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Cerise sur le gâteau, ce hangar où a été bricolé un canapé avec des caisses en plastique et des nattes de bambou, pour guetter les avions en restant assis.

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Il suffit de courir sur le gazon pour se décaler de l'axe de la piste quand arrive un avion, et voici le travail. Un 737 ANA :

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J'ai aperçu les feux de celui-ci de très loin; il est encore impossible à identifier ici

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C'est l'un des Dash 8-100 de Ryukyu Air Commuter, la compagnie locale de l'archipel d'Okinawa, filiale de Japan Transocean Air, elle-même filiale de la JAL.

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Au départ, un 737 JTA. En tenant l'appareil à bout de bras, on limite l'impact visuel de la clôture tout en ayant une contre-plongée intéressante.



Le trafic n'était pas intense; je suis resté une bonne heure sur place, puis je suis parti rendre la voiture, non sans piler net sur la route qui longe la piste pour saisir le 737 ANA qui repartait (oui, c'est bien la même immatriculation).

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Au fait, zéro winglet pour tous ces appareils, mais grâce à un FR récent, j'ai appris que l'économie de carburant qu'apporte un winglet est très faible pour des vols régionaux qui n'atteignent pas de hautes altitudes.

Donc voici le terminal, depuis le modeste parvis et parking court terme.

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Les guichets d'enregistrement. Ce n'était pas très visible, et j'ai demandé à un policier le comptoir pour mon vol, qui était signalé par un panneau un peu bricolé en hauteur à l'extrême droite.

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L'employée à l'enregistrement a pris un temps respectable à vérifier mon nom, passeport en main. Le nom des Taïwanais tient en trois idéogrammes maxi, celui des Japonais en quatre idéogrammes maxi, alors que le mien a des prénoms multiples qui ne tiennent jamais dans un formulaire asiatique : l'employé de l'agence de voyage les avait collés en tronquant à la taille maximale du champ. Dans la PIL que j'ai aperçue, il était impossible de ne pas repérer MARATHON FRANCOISMICHELALEXA ou quelque chose d'équivalent : c'était de loin le plus long.

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Encore une place pré-attribuée au couloir. Il y avait une souriante responsable de ce vol charter à côté du comptoir; j'ai demandé en japonais à changer pour être au hublot, mais non, il n'était pas possible de changer. Bah, de toute façon, le vol allait être de nuit et essentiellement au dessus du Pacifique.

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Je me suis présenté au contrôle de sécurité, mais il était trop tôt : attendez qu'on vous appelle. Le vol n'était pas encore affiché au départ, et allait ne jamais l'être. Décidément, ce vol pas listé sur le site de GE, pas affiché au départ d'ISG était vraiment confidentiel.

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Pour attendre, il y avait ces sièges en zone publique. Contrairement aux apparences, il restait des sièges libres, mais c'était très bruyant. Il y a des boutiques de nourriture souvenir (très prisées au Japon), dont des ananas et autres fruits tropicaux sans intérêt pour moi, car non seulement on a les mêmes à Taïwan, au prix taïwanais, mais de plus les règlements sanitaires interdisent formellement d'en importer, et ce sera contrôlé de près.

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En revanche, une fois assis, on ne voyait plus l'écran des vols au départ, mais un quelconque documentaire touristique japonais tournant en boucle assez courte.

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Comment savoir quand il faudra y aller ? Pas de panique : j'ai entendu juste devant moi la mère réprimander son fils en mandarin (bu limao = c'est impoli) : des PAX qui parlaient chinois étaient forcément sur le même vol.

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Je n'ai pas fait attention à l'annonce, mais la moitié des PAX dont cette famille s'est levée tout à coup, et j'ai suivi le mouvement. A gauche de la file, c'est cette même responsable du charter, toujours aussi souriante. Pas d'incertitude, c'était le bon moment.

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Après le contrôle de sécurité, deux employés tenaient des panneaux très visibles, mettant en garde les PAX en japonais/anglais/chinois sur l'absence de WC dans la salle d'embarquement.

Fouille intégrale de tous les bagages à main par des douaniers (ma douanière, la cinquantaine, était courtoise et souriante), puis contrôle d'immigration efficace mais d'une impassibilité à la limite du glacial. Et arrivée dans une petite salle d'une esthétique particulièrement dépouillée, mais avec quoi au fond ?

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Je ne sais pas vous, mais pour moi, cela ressemblait étonnamment à des WC, d'une irréprochablement nipponne propreté. A se demander si les employés japonais qui étaient juste après le contrôle de sûreté étaient jamais allés jusqu'ici.

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Côté tarmac, cela n'avait rien d'exaltant

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Ce que vous voyez au fond, c'est la prison de l'archipel de Yaeyama (je le sais parce que je suis passé plusieurs fois devant en voiture).

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Evidemment, pas de wifi, pas de duty-free, pas de salon. C'est du vrai charter, mais pas du low-cost : il y avait des sièges pour chacun et un PAXbus pour rejoindre l'avion. Remarquez le panneau trilingue, à droite, c'est sortie dans les trois langues, mais à gauche, c'est mot à mot départ du pays en japonais, départ en anglais et franchissement de la frontière en chinois.

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Il n'y avait aucun autre appareil sur le tarmac, et le PAXbus est arrivé assez rapidement au pied de l'ATR-72


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On devine ici la responsable locale du charter qui salue chaque PAX, toujours aussi souriante.

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Dans un ATR-72, le rang 7 est le meilleur pour les turbopropophiles, car il est dans le plan des hélices. C'est là qu'on profite au mieux du son mélodieux des moteurs et qu'on sait, aux vibrations, qu'on est dans un véritable avion, pas dans un de ces ersatz insonorisés où la moitié des PAX est incapable de se rendre compte qu'ils sont en l'air, tellement ils sont éloignés d'un hublot et de la motorisation.

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Vue de la cabine vers l'arrière

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La PNC rappelle ici aux PAX du premier rang qu'ils sont à une issue de secours et leur donne classiquement la fiche descriptive de ce que l'on pourrait attendre d'eux. Rien que de très banal.

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La fiche de sécurité recto et verso

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Une autre vue de l'arrière. Notez la PAX qui m'a repéré et a fait le signe en V qu'adorent faire les Asiatiques du Nord-est.

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Le pitch : je n'ai pas grandi en trois jours et l'avion non plus.

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Une photo volée pas facile à prendre : la PNC sur son jumpseat à l'avant, dos à la porte d'accès à la soute à bagages et face à l'allée.

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Voici (photographiée à l'embarquement du vol suivant) la configuration de l'avant de la cabine : deux sièges en vis-à-vis à droite, et à gauche un étroit placard dans lequel coulisse le jump seat.

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Conséquence de cette pré-attribution des sièges : je me suis vite rendu compte que les passagères des sièges 7B et 7D voyageaient ensemble, et je leur ai proposé de faire l'échange 7B-7C, ce qu'elles ont bien sûr accepté avec gratitude.

Distribution du repas : cette fois-ci, les PNC ne le déballaient pas, et je comprends pourquoi cela prenait tant de temps à l'aller, car la cellophane n'est pas très facile à déchirer.

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Donc une fois déballé (et mis à l'endroit), voici le contenu, similaire à celui de l'aller. Cette fois-ci, il y avait deux sandwiches, avec beaucoup plus de viande et beaucoup moins de mayonnaise. Un café est arrivé ensuite assez rapidement; je l'ai trouvé presque correct.

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Atterrissage à HUN, avec un bel éclairage de l'avion dans la nuit noire.

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Les bagages à main ont été systématiquement passés à la machine à rayons X par la douane (mais pas fouillés). Mais auparavant, il y avait le contrôle d'immigration.

La policière de l'immigration a pris mon passeport (et ma carte de séjour) avec un visage neutre, et me l'a rendu orné d'un deuxième tampon de Hualien, le visage orné d'un sourire resplendissant. Non, pas seulement pour moi; je l'ai observée traitant les deux Taïwanais qui me précédaient : tous les PAX étaient accueillis par ce sourire.

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Je ne ferai pas de comparaison avec la PAF de CDG, mais j'ai pris le temps de dire à son superviseur qui était à quelques mètres en retrait le plaisir que j'avais d'être accueilli de la sorte à chaque fois que je rentre chez moi à Taïwan.

Le premier souvenir de l'arrivée à Taïwan, c'est un sourire.
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Verdict

TransAsia Airways

8.3/10
Cabine7.5
Equipage9.0
Restauration8.5

Conclusion

Vol rigoureusement ponctuel cette fois-ci. Un point de malus pour le relatif inconfort du siège pré-attribué (et aussi pour l'embarquement à ISG, mais GE n'y était pour rien), un point de bonus pour le repas que j'ai trouvé un chouïa meilleur qu'à l'aller, vue la durée du vol, et un point de bonus pour la PNC très souriante sur son jumpseat, avec un deuxième point de bonus pour le sourire à l'arrivée.

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