Avis du vol Air Caraibes Paris Pointe-à-Pitre en classe Economique

Compagnie Air Caraibes
Vol TX540
Classe Economique
Siege 15A
Temps de vol 08:40
Décollage 30 Déc 18, 10:45
Arrivée à 30 Déc 18, 14:25
TX   #64 sur 141 Compagnies Un minimum de 20 flight-report est nécessaire pour apparaitre dans le classement. 156 avis
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Par SILVER 7140
Publié le 13 janvier 2019

Bonjour à tous,

Derrière cet Orly - Pointe-à-Pitre aux apparences banales, je vous propose quelques exclusivités : un produit Air Caraïbes jamais décrit sur ce site (NavigAIR), des rebondissements en vol, au sol, et sur l'eau ! Enfilez vos gilets de sauvetage, on y va !


Routing


Qu'allais-je donc faire dans cette galère ?


Je prévois donc de passer une semaine aux Saintes. La principale option pour s'y rendre est d'aller jusqu'à Pointe-à-Pitre, faire une petite heure de route jusqu'au débarcadère de Trois-Rivières, puis prendre l'un des ferries qui rallie Terre-de-Haut, la principale île des Saintes en une trentaine de minutes.

Ayant eu la bonne idée de prévoir cette escapade en période de vacances scolaires, le prix des billets d'avion est en conséquence, et le choix difficile entre les 777 COI d'Air France et les bétaillères proposées par les autres compagnies, Corsair, Air Caraïbes et XL.

Level pourrait être intéressante avec ses 330 configurés en 2-4-2, mais l'unique vol arrive trop tard pour enchaîner sur le ferry. Ils sont en plus les plus chers du lot… encore que, la Premium est étrangement proposée moins cher que l'éco (sans compter les bagages et repas qui ne sont pas inclus dans cette classe).


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En revanche, Air Caraïbes propose depuis à peine plus d'un an une intéressante offre nommé NavigAIR, qui outre le vol transatlantique inclut le transfert jusqu'au débarcadère, le trajet en ferry, et la prise en charge en cas de retard d'un des moyens de transport. L'offre est proposée sur l'un des trois Paris - Pointe-à-Pitre quotidiens.
Surprise, aux dates qui m'intéressent, je peux réserver le Paris - PTP - Les Saintes pour une centaine d'euros de moins que le même vol Paris - PTP seul !


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Deuxième surprise : sur le vol retour, la premium éco est à seulement cinquante euros de plus que le tarif éco le moins cher, alors que le surcoût aurait été de plus de 300€ à l'aller. Pour un vol de nuit, ça me paraît largement rentable, sans compter le deuxième bagage inclus pour ramener des spécialités locales (qui a parlé de rhum ?). Cerise sur le gâteau, c'est un A350-900 qui est prévu à l'aller, et un A330-200 rétrofité au retour, donc avec une premium éco en 2-3-2 que je pressent plus confortable que celle en 3-3-3 du 350. Elle n'a par ailleurs jamais été décrite sur Flight-Report, ce sera donc une exclusivité !


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Dans les starting-blocks


28 décembre, 48h avant le départ, l'enregistrement ouvre. Il est temps de choisir un siège, tous étant payants jusque là, même en premium éco. J'arrive à bloquer deux sièges hublot à l'avant de l'appareil. Deux ? Hé oui, on peut visiblement choisir son siège sur le bateau. On verra bien si ça sert à quelque chose…

Je me positionne par réflexe sur une rangée dont le siège central est libre, mais j'ai peu d'espoir, vu la période, le vol risque bien d'être plein.


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29 décembre, petit point sur les vols TX en cours. F-ORLY semble bloqué à Cayenne depuis le 25, et remplacé par un A340-300 affrété à la portugaise Hi Fly. Ca ne me dérangerait pas de découvrir cet appareil devenant rare, mais tous ses vols sont retardés de plusieurs heures, et j'ai un bateau à prendre à destination.


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Il est 6h30, Paris s'éveille


30 décembre, jour du départ. Il est 6h30, mon réveil sonne. Alors que je suis toujours dans mon lit, l'application ADP m'apprend que mon avion est arrivé en porte. C'est toujours un A350, répondant au doux nom de F-HHAV. Il aura droit à 4h15 d'escale, ce qui me laisse le temps d'arriver à l'aéroport, et devrait suffire à préparer l'avion pour un départ à l'heure.


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Direction Denfert-Rochereau pour embarquer à bord d'un brave Orlybus qui nous mènera à Orly, à travers la brume parisienne de décembre. 300 ft de plafond, pas grand chose de visibilité, les observations sont confirmées par la vue des immeubles dont le sommet disparaît dans la grisaille.



8h30, arrivée à Orly Sud. Mine de rien, nous sommes à 45 minutes de l'heure limite d'enregistrement. TX a fait passer son HLE de H-60 à H-90 pour les vacances l'été dernier, je ne sais pour l'instant pas si ça a été maintenu depuis ou remis en place juste pour les vacances. Ça change en tout cas de enregistrements à H-20 sur les vols Navette que je suis plus habitué à prendre à Orly !

Je n'ai en tout cas pas à me rendre au hangar à l'Arche pour m'enregistrer, une série d'agents d'enregistrement automatisés m'attend avec le sourire questionnement sur les marchandises dangereuses.



Mon agent automatisé me permet de m'informer moi-même que je suis enregistré jusqu'aux Saintes, de me remettre à moi-même deux cartes d'embarquement, et de jouer à étiqueter ma valise, avant de m'inviter à me frayer un chemin dans une marée humaine pour trouver ce qui peut bien ressembler à un début de file.


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C'est le moment que je choisis pour me remettre en mémoire la première étape du mode d'emploi "NavigAIR" :


1 • À l’aéroport de Paris Orly Sud, retirez votre carte d’embarquement pour le vol et votre voucher à échanger au comptoir de la compagnie maritime (navigAIR).


Ça paraît simple comme tout, un voucher à récupérer. Beaucoup de gens semblent massés devant les comptoirs Air Caraïbes, pour notre vol, celui de FDF partant peu après, et le Cayenne bien retardé, qui a hérité de l'A340 Hi Fly. Un premier agent oriente les passagers au début de la file, puis un deuxième au milieu qui vérifie les pièces d'identité. Les deux m'assureront que je peux récupérer le fameux voucher auprès du personnel situé près des comptoirs.


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8h45, j'atteins la ligne de front. Il n'y a en fait pas tant de passagers que ça, mais ça n'avance pas. L'enregistrement est en self-service, quelques bornes ne fonctionnent pas, et les agents s'engueulent sur la manière d'orienter les passagers. Cerise sur le chapiteau, des passagers qui arrivent de tous les côtés (malgré les étapes précédentes), certains sans étiquettes bagages, d'autres sans carte d'embarquement. Bref, c'est la fête. Ça doit être fait exprès pour qu'on se souvienne qu'on est bien à Paris, et accentuer le contraste avec la décontraction antillaise.


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Je m’enquiers de mon voucher auprès d'une agente en uniforme Air Caraïbes, qui me répond "on va s'en occuper", et disparaît plusieurs comptoirs plus loin. Je ne la reverrai pas. Une autre m'oriente vers une borne, qui décide de me répondre d'un implacable "Echec de l'enregistrement de votre bagage, demerdieren Sie sich". On me suggère d'aller sur la droite au comptoir premium… j'hésite un instant vu la vingtaine de  personnes qui y fait la queue, de peur de me faire lyncher… c'est le moment que choisit le tapis derrière les comptoirs pour tomber en panne.
Il est 9h, et entre accalmie et chaos, j'en profite pour voir si un autre agent ne saurait pas me trouver le fameux voucher. Il revient triomphant avec ceci :


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Vous aussi, vous sentez qu'elle va être utile cette petite étiquette ? Je commence à avoir des doutes sur le bien fondé de l'étiquetage de ma valise jusqu'à LSS, puisque je dois la récupérer à PTP, mais l'heure tourne et ma valise finit par partir vers les fin fonds du tri bagages d'Orly.


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Mon vol est prévu à l'heure, et le temps d'attente aux contrôles est surprenamment raisonnable. Je monte donc faire un tour sur la terrasse. La vue est un peu bouchée par les travaux en cours, il n'y a pas beaucoup plus que ce 747-400 de Wamos à se mettre sous la dent. Nous le retrouverons plus loin…



Direction donc les contrôles, où on traverse un large espace aménagé en serpentins entièrement vide. J'aime beaucoup le panneau indiquant que les contrôles sont obligatoires, sérieusement, j'en doutais jusque là.
La frontière est passée assez rapidement via PARAFE, et ça aurait été encore plus rapide si l'agente en gilet orange ne prenait pas dix secondes pour indiquer à chaque personne vers quelle borne se diriger.


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Après un long couloir ponctué de boutiques, on arrive enfin dans la nouvelle jetée où on respire un peu plus.


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L'A330 "PTP" d'Air Caraïbes part en République Dominicaine et Haïti, tandis que c'est bien vers PTP que doit décoller ce 747 Wamos opéré pour Corsair, une demi-heure après le notre. Toilettes décemment propres et équipées de double patères. Grand luxe.


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Les toilettes sont décemment propres et équipées de double patères. Grand luxe, dont je vous épargne les photos. Je ne suis a priori éligible ni au salon Icare, ni au salon bébé, mais ce panneau indiquant un espace avec arbres et vue sur les avions présagerait-il d'un "salon classe éco" ?


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Hum. J'ai l'impression qu'il y a tromperie sur la marchandise.


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Notre avion est bien en porte, rejoint par ce 330 qui part probablement à FDF. Deux portes seront utilisées, une pour l'embarquement prioritaire, l'autre pour …les autres, dont je fais partie.


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9h50, le pré-embarquement est annoncé pour les passagers en éco, tandis que les autres sont invités à attendre la fin de la préparation de la cabine. Je retiens "pré-embarquement" et "préparation cabine", et me tiens sagement au large de l'agitation. L'occasion pour moi de vous présenter l'offre digitale et imprimée de divertissements proposée par l'aéroport, ainsi que les documents de voyage : deux cartes d'embarquement, et la carte de fidélité "Préférence" à laquelle j'ai adhéré en réservant ce vol. Les 3000 miles de bienvenue plus les 2100 que devraient rapporter cet aller suffisent par exemple à s'offrir un accès au salon, c'est toujours bon à prendre.


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Nou ka swété zot bon voyaz !


(s'il y a des bilingues créole dans la salle, n'hésitez pas à corriger le titre au besoin)

Vers 10h15, il ne reste plus beaucoup de passagers dans la salle d'embarquement, je rejoins la file. Je remarque un agent avec un badge avec un logo Air Caraïbes et la mention "1h30". Un rapport avec la nouvelle HLE ? Nous y reviendrons…
Il n'y a plus grand monde en tête de passerelle, d'où je peux prendre ces photos du fuselage et du winglet. Je n'ai jamais été aussi près d'un A350 !


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En attendant que les gens s'installent, un coup d'oeil à gauche vers la premium "Caraïbes". La configuration 3-3-3 donne vraiment plus l'impression d'un avant de classe éco que d'une classe distincte.


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Direction ensuite ma rangée 15, la quatrième des 34 que compte cette classe éco "Soleil".



Tiens, c'est la première fois que vois le gilet de sauvetage déposé sur le siège, en sachet. Le voici une fois gonflé.
Il semblerait que les passagers en Caraïbes en aient droit à un par bras, tandis que ceux en classe Madras disposent un gilet complet.


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Ah mais non, il s'agit en fait de la pochette contenant les accessoires de vol ! Jolie initiative que cette édition limitée "15 ans de transatlantiques", j'en reverrai plusieurs exemplaires utilisés sur les plages à destination.
Elle contient une paire de chaussettes bienvenue, un masque plutôt fin et au textile faisant très plastique, et des écouteurs que je n'utiliserai pas, ne doutant pas un instant de leur piètre qualité. L'oreiller est plutôt grand et épais, et la couverture semble correcte mais petite.


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Le plafonnier et les coffres à bagages sont évidemment modernes, encore que je ne suis pas convaincu par le bandeau gris des liseuses. Petit tour d'horizon, il y a deux jeunes enfants juste derrière, une petite fille à droite, 3 UM au centre de la rangée… Pas étonnant vu la date du vol, mais ce petit monde a intérêt à se tenir à carreau !


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En parlant de carreau, voici le grand hublot dont je profiterai pendant le vol. Tellement grand qu'il ne rentre pas en entier sur la photo. Continuons avec l'inspection de la pochette, propre à un emballage de bonbon près. Les accoudoirs commencent à montrer des signes de fatigue.



L'attente se poursuit, découvrons donc l'écran. Grand et lumineux, mais un peu sensible aux reflets. Les deux caméras "fisheye" et de bonne définition complètent bien la vue par le hublot.


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Il est 11h quand les portes et soutes sont fermées. Le commandant de bord fait une annonce détaillée, précisant que notre retard est lié à l'attente de passagers dont il a fallu débarquer les bagages. Il tient à ajouter "pour votre information ces passagers se sont présentés en porte il y a 5 minutes, et par principe je les ai refusés, afin que nous puissions partir à l'heure". Soit.
Il nous donne également le détail de notre masse au décollage, 232t, du carburant qui sera consommé, et de turbulences que nous risquons de rencontrer pendant le vol.

Nous repoussons à 11h10, avec vue sur les voisins. Je trouve cette nouvelle livrée Air Caraïbes très réussie.

Suit l'annonce de bienvenue de l'équipage commercial, faite en français, anglais et créole… on est déjà un peu dans les îles ! Les démonstrations de sécurité sont effectuées manuellement, en français et anglais.



Le roulage permet de croiser ce 737 de la RAM à la livrée fleurie, la Corsairinière, et CS-TQY, ce fameux A340 qui remplace temporairement F-ORLY.


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11h33, alignement en piste 24.


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11h34, décollage.


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11h35, le soleil inonde déjà la cabine, comme pour marquer réellement le départ de Paris.
Nous ne sommes qu'à 500 mètres du sol, la couche nuageuse responsable de la grisaille parisienne était basse mais pas bien épaisse.


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Dix minutes plus tard, des serviettes chaudes sont servies. C'est appréciable, surtout que ce n'est pas courant en classe éco.


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L'espacement paraît un brin meilleur que sur les 777 d'Air France que je connais bien. L'étroitesse du siège de fait par contre sentir …au niveau des coudes et des épaules, il n'est pas évident de partager l'espace avec son voisin si on n'est pas particulièrement intimes. Ça n'en devient pas non plus inconfortable sur ce vol de jour, je ne suis par contre pas certain qu'il en soit de même pour un retour de nuit.


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Vers midi, nous sommes invités à consulter sur les écrans le menu du déjeuner qui va nous être servi. La distribution commence par le fond de la cabine, en attendant je vous propose de découvrir la description du service NavigAIR. "Sécurité et sérénité" ? C'est ce que nous allons voir. Il faudra aussi vérifier cette histoire de comptoir d'enregistrement prioritaire au retour.


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Le chariot atteint notre rangée à 13h passées. L'apéritif est servi avec le plateau, ce sera un ti punch pour moi. Il ne reste qu'à y apporter la touche finale avec le sucre de canne, remis à part.
Le plateau présente bien, les couverts en métal, la grande serviette et le vrai verre sont qualitatifs.



La quantité s'avère correcte, et sans mauvaise surprise au goût, le marathonage en atteste.


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Il reste à ce moment plus de 5h30 de vol …du moins c'est ce que tout le monde croyait à bord à ce moment là. Nous y reviendrons.
Je ne me lasserai pas d'admirer le reflet du fuselage sur le réacteur.

Mais regardons ce que nous propose l'IFE. Il est réactif, et l'absence de pub est appréciable. Une sélection correcte de films côtoie des vidéos sur la fabrication et la livraison du 350. Comme souvent, la sortie jack délivre un son beaucoup trop fort lorsqu'on branche des écouteurs de qualité : même avec le volume au minimum le son est fort. C'est peut-être lié à la qualité des écouteurs fournis, avec lesquels il faut souvent forcer sur le volume pour entendre distinctement les dialogues.


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J'arrive à faire presque 2h de sieste, l'oreiller confortable aidant. Les bouchons d'oreilles aussi, parce que pendant ce temps, un certain nombre des plus jeunes passagers n'apprécie visiblement pas le vol, et tient à le faire savoir.

Découvrons la littérature de bord. La carte de sécurité est "haute en couleurs". Je laisse de côté le magazine de la boutique que je compte mettre à profit au retour pour m'offrir un souvenir, pour vous présenter les pages intéressantes du magazine Arc-en-Ciel. Les liaisons NavigAIR sont mises en avant dans la carte du réseau.



Un article reprend également le logo "1h30" que j'avais vu sur un agent à l'embarquement. La nouvelle heure limite d'enregistrement semble donc pérennisée.


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À deux ou trois reprises, la consigne "attachez vos ceintures" est allumée, accompagnée de légères turbulences, et d'un message automatique en anglais "the captain has switched on the fasten seat belts sign…". Mais pas en français. Serait-ce une fonctionnalité de base du 350 qui n'a pas été personnalisée ? Les PNC passent en tout cas à chaque fois pour vérifier que tout le monde est sanglé.

De mon côté, je regarde attentivement l'aile de notre A350 qui plie gracieusement au fil des secousses. On devine également la présence de composites dans les mats des nacelles moteurs, qui semblent également bien s'agiter. Il paraît que c'est normal… *sifflote, l'air rassuré*


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Je me désincarcère un instant pour vous présenter les toilettes. Celles au milieu de la cabine sont plutôt spacieuses, et propres. Le revêtement blanc autour de la cuvette commence par contre à partir… encore un signe qui montre que certains aménagements de la cabine ne vieillissent (déjà) pas très bien.


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Petit tour en jusqu'au fond de cale, puis retour à l'office avant où un chariot permet de se servir des boissons non alcoolisées. Santé !



17h, un chocolat au caramel est proposé. Je vous propose de passer à l'heure de Pointe-à-Pitre, il est donc désormais midi !


13h, heure de Pointe-à-Pitre. Nous sommes au niveau 400, et il ne reste qu'1h30 de vol. Enfin c'est ce que nous croyions encore…
La collation commence à être servie, à partir de l'avant de la cabine cette fois-ci. Le "gros muffin" annoncé a avantageusement laissé place à un sandwich au thon et au fromage frais et une madeleine. Ils sont accompagnés de boissons type petit déjeuner.


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Je dois préciser que notre PNC est très sympathique depuis le début du vol, prenant le temps de faire le service, en n'hésitant par exemple pas à présenter les boissons ou encore à s'assurer que les UM ont bien mangé.

D'autres PNC prennent également le temps de répondre aux questions d'autres passagers, comme celui assis deux rangées devant moi, s'étonnant que les écrans indiquent 1h30 restante… près d'une heure après que l'équipage ait annoncé la même durée. Il est vrai qu'on semble ne pas vouloir aller vers PTP.


Ça, ce n'est pas courant.


Il a eu l’œil, il est 14h15 quand le commandant nous annonce avoir été informé par le contrôle de New York d'un incendie dans le centre de Piarco gérant une partie de l'espace au-dessus des Caraïbes. Notre équipage est en pleine négociation avec le centre de San Juan qui a pris le relais, et le vol devrait être rallongé d'au moins une heure. Ça, ce n'est pas courant.

Aparté : renseignements pris, c'est apparemment le déclenchement intempestif du système d'extinction incendie qui a conduit à l'évacuation du centre. Plus de peur que de mal : http://www.looptt.com/content/authorities-no-fire-piarco-airport-extinguisher-caused-evacuation

Je regarde pendant ce temps notre avion maintenant un cap au Nord-Ouest, et s'éloignant peu à peu de la Guadeloupe. À supposer qu'on n'ait qu'une heure de retard, sur 2h20 pour sortir de l'avion, récupérer les bagages, faire la route jusqu'au port pour prendre le bateau de 16h45, ça va commencer à faire court. Il y a certes un dernier bateau à 17h30, mais il faut qu'il reste de la place à bord.


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Nous remettons le cap vers la Guadeloupe une vingtaine de minutes plus tard, alors que nous devrions déjà être posés. Il reste trois bons quarts d'heure de vol, qui promettent d'être panoramiques puisque notre itinéraire improvisé va nous faire survoler tout le nord des Petites Antilles !
Le poste de pilotage nous informe d'ailleurs que "puisque nous sommes forcés de faire du tourisme, vous avez sur votre gauche St-Martin et bientôt St-Barthelemy". Le temps de sortir d'appareil photo, voici Saint-Eustache, Saint-Kitts puis Nevis



C'est à ce niveau que se termine le service avec le choix entre un nouveau chocolat ou un bonbon à la menthe. Une annonce invite également les passagers en correspondance Navig'AIR à récupérer leur valise avant d'emprunter la navette. C'est noté !


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Le commandant nous indique ensuite Montserrat, son volcan encore fumant et sa coulée de lave résultant des éruptions qui ont complètement détruit le Sud de l'ïle entre 1995 et 1997, notamment l'ancienne capitale Plymouth.



Prochaines îles : Guadeloupe ! Le poste de pilotage annonce d'ailleurs le passage du niveau 100, et nous sommes invités à nous préparer pour l'atterrissage.



L'atterrissage a lieu à 15h15, des annonces trilingues nous souhaitent la bienvenue aux Antilles. Un Air Transat attend notre passage pour rentrer au Canada, tandis qu'un 330 de XL est déjà là, parti de CDG tôt ce matin. Air France fait la promotion de Paris 2024 jusqu'ici… et vous pouvez deviner en arrière-plan le 747 de Wamos que nous avions aperçu à Orly, sur le point de se poser.



Hisse et oh !


Dans la cabine, c'est le branle-bas de combat. Certains ont des correspondances courtes, notamment vers St-Martin que nous avons survolé, et sont dans les starting-blocks. Pour ma part, le bateau est dans 1h15, le dernier de la journée dans 2h… "sérénité" disait la publicité… nous allons voir ça. Petite révision du mode opératoire Navig'AIR :


2 • Arrivé à l’aéroport Guadeloupe Pôle Caraïbes, récupérez vos bagages et suivez la signalétique navigAIR. La navette navigAIR est située à la sortie n°3 (près de la pharmacie et de l’escalier). Cette navette assure votre transfert gratuitement jusqu’à la gare maritime (départ coordonné avec le départ des bateaux).


En sortie de passerelle, un comité d'accueil se charge des passagers en correspondance. Je prends pour ma part quelques photos de notre destrier du jour, qui n'a pas failli à sa tâche. Les comptoirs de la PAF sont franchis sans contrôle, et nos bagages doivent arriver sur le tapis n°4 (sur les quatre que compte le hall).



Ils commencent à tourner sur le tapis à 15h40. Un quart d'heure plus tard, plus rien ne sort, et il ne reste qu'une poignée de passagers, hormis ceux du Corsair qui sont désormais autour du tapis 3, et ceux du vol Air France qui commencent à se diriger vers le 4 eux-aussi. Et toujours pas ma valise.


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Dans le doute, je me dirige vers le service réclamations bagages, où je retrouve une autre passagère en Navig'AIR vers Marie-Galante, attendant aussi sa valise. Un agent indique que nos bagages ont sûrement été livrés au terminal régional, et qu'ils vont être ramenés sur le tapis 2 dans quelques minutes. Logique. Il nous invite dans l'attente à sortir du hall de livraison et à faire indiquer à la personne nous attendant qu'on arrive.

Direction donc la fameuse sortie 3, où une dame attend effectivement avec un panonceau comportant deux noms, dont le mien. Elle ne comprend pas qu'on n'ait pas de valise. "Vous les avez oubliées ?". Une fois rassurée, retour dans le hall de livraison des bagages avec l'aide du comptoir d'informations, qui fera venir l'agent du service bagages. Toujours rien sur le tapis 2, au-dessus duquel l'écran n'indique que des vols régionaux d'Air Antilles et Air Caraïbes. Ce n'est qu'à 16h10 que le tapis se met en marche. Deux valises apparaissent, puis un manutentionnaire passant la tête à travers les rubans de plastique noir au début du tapis : "c'est bon ?" - "euh… oui, pour l'instant". L'étiquette bleue "NavigAIR" a disparu de mon sac.


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Retour au pas de course dans le hall des arrivées, on peut enfin sortir du terminal. Premières bouffées de cet agréable air tiède et légèrement humide des Antilles.

L'accompagnatrice conduira la passagère vers le port en centre-ville, tandis qu'elle me demande d'attendre "une BMW grise" devant le bâtiment des loueurs de voiture. Soit. Pour le bateau ? Elle ne sait pas, il faudra voir sur place.

16h30, ouf, une vieille BMW apparaît en effet. Le conducteur m'assure qu'on arrivera vers 17h, 17h10. Il n'en sait pas plus à propos du bateau.


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Il est 17h15 quand nous mon chauffeur me dépose à Trois-Rivières, devant le comptoir de la compagnie maritime. Pour mémoire, la procédure théorique est la suivante :


3 • Arrivé à la gare maritime, rendez-vous au comptoir de la compagnie maritime (navigAIR) pour retirer votre billet de bateau, muni de votre voucher, de votre mémo voyage et de votre pièce d’identité.


Pas besoin de tout ça, je donne mon nom, et reçoit en échange une pochette déjà prête. On m'indique que je suis replacé sur la rotation de 17h30, qui sera opérée par le "Miss des Ïles" qui vient d'arriver. Il ne fallait d'ailleurs pas trop compter sur celle de 16h45 vendue par Air Caraïbes, puisqu'elle partait en fait à 16h30.


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Les bagages sont pris en charge devant le ferry et chargés par l'équipage, façon avion régional. Le pitch est généreux, mais les sièges en plastiques assez durs. Le départ sera finalement retardé d'une demi-heure, pour attendre un groupe arrivant lui aussi de l'aéroport.

Le capitaine annonce une forte houle, avec des creux de 2 à 2,5 mètres de haut. Il suggère à ceux qui ne souhaitent pas être trempés de s'asseoir à l'intérieur, sachant qu'après la sortie de la baie il ne sera plus possible de se déplacer.


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L'annonce avant le départ n'aura pas été mensongère. La nuit tombe progressivement, et le bateau est bien secoué. L'équipage distribue des sachets à certains passagers.

18h35 : Terre-de-Haut ! Dernière annonce du capitaine, qui se marrait en en disant espérer qu'on ait apprécié la traversée… il nous prodigue ses conseils pour ceux qui auraient besoin de s'en remettre : un coca glacé, suivi d'un bon rhum ! Les bagages sont déchargés sur le quai.


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Verdict

Air Caraibes

8.0/10
Cabine6.5
Equipage9.0
Divertissements8.0
Restauration8.5

Paris - ORY

7.6/10
Fluidité8.0
Accès7.0
Services7.5
Propreté8.0

Pointe-à-Pitre - PTP

7.5/10
Fluidité8.0
Accès7.0
Services8.0
Propreté7.0

Conclusion

La cabine de cet A350 est certes moderne (pour l'instant), mais la configuration à 10 sièges de front est désagréable. Je ne tiens pas à l'expérimenter sur un vol de nuit. Heureusement, l'équipage a été efficace, et l'offre de restauration est qualitative. J'apprécie également les touches antillaises, qui permettent de se sentir comme à destination dès la montée à bord. La gestion des bagages pour l'offre Navigair est en revanche à revoir complètement, il est complètement illogique de faire sortir en dernier (et sur un autre tapis) les bagages de ceux ayant souscrit cette offre... surtout que ça semblait normal au personnel du service bagages à l'arrivée.

Informations sur la ligne Paris (ORY) Pointe-à-Pitre (PTP)

Les contributeurs de Flight-Report ont posté 92 avis concernant 5 compagnies sur la ligne Paris (ORY) → Pointe-à-Pitre (PTP).


Pratique

La compagnie qui obtient la meilleure moyenne est LEVEL avec 7.7/10.

La durée moyenne des vols est de 8 heures et 43 minutes.

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16 Commentaires

  • Comment 483788 by
    Athos_001 75 Commentaires

    Merci beaucoup pour ce FR et tes talents de narrateur, c'est très agréable à lire.

  • Comment 483797 by
    Esteban TEAM GOLD 11633 Commentaires

    Merci beaucoup pour le partage et surtout pour la découverte de ce service proposé par TX qui il faut le dire, n'est pas encore au point.

    Le vol touristique pour finir est sympa même si il rajoute au temps de vol et finit par compromettre les correspondances.

    La prestation principale est plutôt qualitative et fait envie, la seconde est elle, très minimaliste.

    A bientôt !

    • Comment 483925 by
      wop SILVER AUTEUR 241 Commentaires

      Merci pour le commentaire ! Ceux qui ne sont pas arrivés à St-Martin le jour même auront au moins pu dire qu'ils ont vu l'île de l'avion.
      Il y a clairement des choses à améliorer dans le produit NavigAIR, qui manque de coordination. L'idée est pourtant très bonne.

  • Comment 483826 by
    stargate92 17 Commentaires

    Bonjour, Merci pour ce beau FR. Je constate qu'il faut pas avoir de forme ou être un peu enrober car ça risque de vitre devenir un calvaire vu la largeur du siège .
    La largeur réduite du siège ne permet pas de s'octroyer quelques folies culinaires avant le vol ;)
    A bientôt !

  • Comment 483876 by
    AirBretzel TEAM GOLD 6567 Commentaires

    Merci pour ce FR.
    Une formule qui est intéressante pour rallier les Saintes ou Marie-Galante, mais visiblement pas encore bien rodée.
    A bord j'aime bien l'apéritif qui n'est pas comme sur AF une mignonnette.
    La configuration hautement densifiée est un des points négatifs, et je me demande comment va vieillir cette cabine déjà bien abîmée.
    A bientôt

    • Comment 483930 by
      wop SILVER AUTEUR 241 Commentaires

      Merci !
      J'ai été surpris par ces marques d'usure.
      Le rhum est en effet servi à la bouteille. Point de vue écologique, presque toute la vaisselle est également réutilisable (plats en plastique épais)... un bon point si elle l'est.

  • Comment 483898 by
    AK SILVER 725 Commentaires

    La panique à l'enregistrement confirme mon opinion sur le remplacement des humains par des machines.... Ca fait peut être des économies, mais la fameuse "expérience client" s'en ressent fortement....

    • Comment 483922 by
      wop SILVER AUTEUR 241 Commentaires

      Bien vu. De mon entrée dans le terminal à mon siège dans l'avion, je compte 14 arrêts devant un humain ou une machine (pour faire enregistrement, PIF, PAF, embarquement). Sans compter ceux ajoutés par l'histoire du voucher NavigAIR à l'enregistrement. Ça commence à faire beaucoup.

  • Comment 483997 by
    nicobcn TEAM GOLD 4348 Commentaires

    Merci pour ce FR très intéressant avec la découverte de ce nouveau service de TX !

    Très bonne idée que de rejoindre Les Saintes avec un seul billet, dommage que la logistique ne soit pas encore au point, espérons que cela s'améliore pour le vol retour !

    A bord, les 10 sièges de front sont un vrai soucis... La Y+ de TX ressemble en fait à la classe Y des compagnies traditionnelles, ce sont d'ailleurs les même sièges que KLM en éco.

    A bientôt !

  • Comment 484022 by
    noone18 361 Commentaires

    Merci pour le partage.
    J'avais suivi le vol en direct par FR24 et étais surpris de la route "incongrue" à l'arrivée alors qu'AF et SS suivaient la route classique. Merci pour l'explication.
    NavigAir est une très bonne initiative, reste à bien la roder ... ce qui ne doit pas être facile à la vue des retards conséquents très réguliers en ce moment.
    A bord, service classique de la part de TX avec le même sandwich au thon que l'an passé :(
    Je pourrai vérifier et comparer le confort à bord de l'appareil dans une quinzaine ... sur un vol de nuit :$
    @ bientôt

    • Comment 484106 by
      wop SILVER AUTEUR 241 Commentaires

      Merci pour le commentaire ! En fait, le Corsair est le premier vol a ne pas avoir fait le détour grâce à son départ en retard d'Orly :
      - TX540 : 11:35-15:19 (prévu 10:45-14:15) avec détour
      - AF792 : 12:03-15:54 (prévu 11:45-15:25) avec détour
      - SS926 : 12:40-15:37 (prévu 11:20-15:00) sans détour.

  • Comment 484054 by
    bruno06220 291 Commentaires

    super FR bien agréable à lire et de jolies photos. merci.

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