Suite de ce double routing ukrainien, avec cette fois un vol efftué lors de mon 1er séjour
1. Contexte et routing
Voir: http://flight-report.com/fr/report/18813/Belavia-B2-835-Minsk-MSQ-Kharkiv-HRK
Par souci de cohérence géographique, j'ai choisi de poster ce vol HRK-KBP fait lors de mon 1er séjour, à la suite de la chaîne de vols CDG-MSQ + MSQ-HRK effectué au début de mon 2d séjour.
- Trajet Minibus CFL Luxembourg-Lorraine TGV + TGV Lorraine TGV - Aéroport CDG2 TGV
Vol B2 CDG-MSQ, Affaires, 735: http://flight-report.com/fr/report/18732/Belavia-B2-866-Paris-CDG-Minsk-MSQ
-Vol B2 MSQ-HRK, Affaires, CR1 [+ visite de Kharkov]:http://flight-report.com/fr/report/18813/Belavia-B2-835-Minsk-MSQ-Kharkiv-HRK
-Vol PS HRK-KBP, Economique, 738 [+excursion improbable]: c'est maintenant
Intérêt de ce vol pour FR:
- UIA a été peu reporté jusque ici
- HRK n'a jamais été reporté au départ
2. Au sol: HRK
Rapide trajet en taxi pour rejoindre HRK, tout au bout de Prospekt Gagarina.
Le terminal est très moderne et fait partie de ces grands travaux entrepris dans le cadre de l"Euro 2012 Ukraine-Pologne:

Sur la façade du Terminal, B2 fait une abondante publicité pour ses vols entre HRK et la Fédération de Russie via MSQ. Il y a un an, l'Ukraine a décidé unilatéralement l'interruption totale de tous les vols reliant l'Ukraine et la Fédération de Russie, avec effet au passage à l'Horaire d'Hiver 2015/2016. Le malheur des uns… fait ici le bonheur des autres:

A droite de l'actuel terminal, terminal précédent, de style stalinien haut-de-gamme, et actuellement utilisé comme terminal VIP:

A gauche du terminal actuel, un monument a été construit en mémoire des aviateurs locaux tombés au combat pendant la Grande Guerre Patriotique (1941-1945)

"Gloire éternelle
aux Aviateurs
des détachements kharkoviens
de l'aviation citoyenne
qui ont donné leur vie
lors de la bataille pour l'indépendance
de notre patrie
1941-1945"

Pour accéder dans le hall, il faut passer un PIF, comme en Fédération de Russie. Le Hall est moderne et lumineux, mais là aussi, j'ai du être discret en faisant ces photos, afin de ne pas y fixer par mégarde le PIF d'entrée, où les policiers et militaires présents en abondance. Et ce d'autant plus que depuis la passerelle reliant l'ascenseur à la zone d'embarquement domestique u 1er étage, il y a souvent un cerbère…. Mais une fois celui-ci (momentanément) parti, il m'est enfin possible de réaliser une vue d'ensemble de la zone publique:

Comptoir d'enregistrement de mon vol pour KBP, où l'attente est courte:

Passage du PIF, et me voilà dans la petite zone d'embarquement destinée aux vols intérieurs. Il n'y a que 2 portes, mais tout ceci est désormais très largement suffisant. La situation actuelle de l'Ukraine a entrainé la suppression des lignes transversales de UIA (centrées sur ODS et HRK):

Pas de salon en zone airside domestique, sans surprise…
Aperçu du tarmac (et de la ville):


Pas si fréquent, que de voir des MD-83 en Europe en 2016…. Celui-ci (UR-COC) a été livré à North American Airlines le 4 Mars 1992…

L'embarquement en lancé à 10h45 (au lieu de 10h35 annoncé sur ma carte d'embarquement):

Le bébé est là, au contact:

3. A bord:
Accueil souriant du personnel, la cabine a quelque chose de suranné, on est ici aux antipodes des planches à repasser:



Mais le pitch est serré lui, contrepartie de ces dossiers épais et bien rembourrés…

Consignes de sécurité (Anglais-Ukrainien):


UIA édite son magazine de vol, Panorama:

Carte du réseau, où la disparition des lignes de/vers la Fédération de Russie laisse un grand vide…


Aperçu de la flotte, dont le renouvellement se fait attendre…

Repousse à 10h57, avec vue sur métal local…

…la ville environnante…

…le terminal actuel…

et l'ancien/VIP:

Décollage à 11h05, à l'heure donc, et qui va être l'opportunité de profiter de quelques vues aériennes sur la ville, dont l'étendue se révèle ainsi:








Il y a aussi quelques zones à dacha:

L'agglo se prolonge vers l'Ouest, avec la ville de Liubotin:


Puis survol de la campagne, aux airs de steppe:



Winglet:

15min après le décollage, la prestation est servie, avec le sourire, mais pour le contenu, c'est la soupe à la grimace: eau plate et pas d'autre choix… Un peu léger quand-même, même sur un vol intérieur de cette durée :-(

Le survol du centre-est du pays se poursuit:

28min après le décollage, survol de Yahotin, à 320km environ de HRK:

La descente vers KBP a déjà commencé:





Le village de Boryspol et KBP sont déjà en vue:

L'avion va devoir virer vers le Nord (Dos au Dniepr), puis vers le Sud:





Atterrissage à 11h44, 39min après le décollage:

Roulage rapide, avec aperçu de quelques Antonov aux couleurs de l'ONU:

Le terminal est rapidement en vue, agrémenté de quelques oiseaux exotiques:




4. A l'arrivée à KBP + Navette vers Kiev
Débarquement rapide, et dernière vue de l'oiseau:

Le débarquement se fait à la porte D11, en zone internationale. Une fois au bout de la passerelle, il faut prendre un escalier et descendre sur le tarmac, pour monter dans un paxbus, lequel longera le terminal sur toute sa longueur, avant de terminer sa course aux busgates de la zone domestique (très réduite) du terminal. Pas d'attente pour moi, vu que j'ai qu'un bagage de cabine, suffisant pur un petit séjour de 2 jours à Kharkov.
La Navette pour la gare centrale de Kiev (+ arrêt intermédiaire à la station de Metro Kharkivskaya) est prête à partir. Prix modique (60 UAH soit à peine 2.4€), et trajet de 40-45min environ.

Traversée d'un tissu urbain assez diversifié dans les faubourgs Sud-Est de la Ville:


Puis passage du Dniepr, dont la largeur lui a valu le surnom de Kievskoe More ("la Mer Kiévienne")


En sens inverse, même un dimanche vers 13h, il y a un sacré embouteillage pour accéder au pont. Ces ponts et leurs engorgements sont d'ailleurs une véritable plaie pour accéder à KBP, il vaut bien mieux privilégier IEV si possible:

5. Excursion improbable au départ de Kiev
Départ en minibus à 8h30, à 200m à l'Ouest de la gare Central (Bâtiment Sud):

Arrêt-buffet/achats dans une station service située au bord d'une voie express, à la sortie de Kiev:


Le trajet se poursuit sur une route de qualité inégale, traversant de nombreux villages:

1h après avoir quitté la station-service, le nom de la destination apparait enfin…

Le trajet se poursuit, et la route devient de plus en plus déserte, et son état se dégrade, semblant mener vers un inexorable cul-de-sac. Comme une impression de se rapprocher du bout du Monde….



Environ 1h15 après avoir redémarré de la station-service, le minibus arrive devant un checkpoint…


…qui contrôle l'accès à la zone d'exclusion de 30km autour de la tristement célèbre centrale nucléaire Lénine de Chernobyl:



Voilà 10 ans qu'il est possible de visiter la zone de Chernobyl, pour des durées de 1, 2 ou 3 jours, via une poignée d'agences agréées par le gouvernement ukrainien. La journée coûte de 80 à 100USD environ, selon l'agence et le jour en question. Chernobyl ayant marqué mon enfance à l'époque, impossible pour moi de ne pas sauter sur l'occasion…
Les conditions sanitaires d'admission dans la zone sont affichées:

Carte des différentes zones d'exclusion (30km et 10km):

Panneau descriptif de la contamination:

Carte de la contamination aux rayons gamma:

Cartes de la contamination au Césium 137 (en haut),à l'Iodine 90 (en bas à gauche) et au plutonium (en bas à droite):

Une petite chapelle a été aménagée à l'entrée de la zone:

Après 15min d'arrêt, le trajet reprend son cours. Arrêt 10min plus tard. DE part et d'autre de la route, il y avait un village…

…désormais abandonné car évacué suite à la catastrophe:





Ancien magasin d'Etat, où les files d'attentes ne sont plus légion:

Vestiges du centre médical:


Le chemin, auparavant rue résidentielle embranchée sur la rue principale, continue et semble se perdre encore plus au milieu de la végétation…

Nouveau trajet à bord du minibus, et 6min plus tard, arrivée dans la ville de Chernobyl, où des gens résident encore, mais à titre intermittent (personnel de surveillance, techniciens gérant la période post mortem de la centrale, visiteurs faisant un circuit de 2-3 jours):


Place principale, où une petite chapelle a été édifiée:

…avec l'hôtel de ville…

…la Poste….

… un espace vert…

…et au centre de cette même place, une statue de Lénine:

La lustration anti-soviétique décidée il y a 2 ans semble donc avoir épargné ce coin-là de l'Ukraine…
4min de trajet en minibus, et voilà le 2ème checkpoint, celui qui donne accès à la zone d'exclusion de 10km autour de l'ancienne centrale:

Peu après, nouvel et bref arrêt devant un monument consacré à la Grande Guerre Patriotique (1941-1945), à la hauteur de l'ancien hameau de Kopachi:

Monument qui semble régulièrement fleuri, même dans cette zone à l'accès restreint….
"Gloire éternelle
aux héros
tombés dans les batailles
pour la liberté
et l'indépendance
de notre
patrie"

"A ceux qui ont sauvé la patrie du fascisme, Gloire Eternelle"

"Soldats de l'armée soviétique morts lors de la libération de Kopachi des agresseurs fascistes 1945"

Ce village a été incendié dans le cadre du programme de "liquidation de la radioactivité" suite à la catastrophe, mais l'écolé a été laissée en l'état. Pour y accéder, il y a un chemin étroit, et bien droit, dont il est interdit de s'écarter, les abords n'ayant pas été décontaminés dans la même mesure que le chemin…

Hall d'entrée et ses casiers:


Salle de classe:

Salle de sieste, souvent détestée des petits écoliers soviétiques, mais fort regrettée par ceux-ci une fois arrivés à l'âge adulte ;-)

On remonte dans le minibus, et 6 minutes après, on passe le long de la Tranche N°4 (accolée à la Tranche N°3) de la centrale. L'ancien sarcophage et le nouveau sont bien visibles…

Juste après, bref arrêt devant l'entrée officielle de la ville de Pripyat', construite pour héberger le personnel de la centrale Lénine:

La voie ferrée reliant Pripyat' à Kiev passe à proximité, mais ce n'est non plus une bonne idée que de s'en approcher pour une séance de transpotting:

Le minibus redémarre, et juste après, 3ème et dernier checkpoint, qui garde l'entée de la ville de Pripyat'

Le minibus s'engage ensuite dans ce qui s'appelle encore l'Avenue Lénine, l'axe principal autour duquel la ville a été construite….

Tout au bout de celle-ci, le bus nous dépose sur la place principale, où se trouvent entre autres la mairie….

… et le Palais de la Culture Energetik

Une infrastructure très richement dotée, et essentielle à la vie sociale des habitants de la ville. Le hall d'entrée contient une fresque mélangeant rêve communiste de l'Homme Nouveau et allusions à l'Ukraine paysanne:

Salle de bal/dance:


Cinéma:

Hall de réception, là où étaient célébrés les mariages:

Gymnase:

Vers l'extérieur, l'horizon n'est pas très dégagé…

Quittons à présent le Palais de la Culture, et un peu plus loin, on tombe sur le petit parc d'attractions, qui devait ouvrir le 1er Mai 1986, dans le cadre des célébrations de la Fête du Travail, mais qui n'a jamais fonctionné dans les faits… La grande roue est devenu une icône de cette ville fantôme, mais il y a aussi d'autres attractions comme les auto-tamponneuses (un luxe dans l'URSS de l'époque…)




A côté, on a bien du mal à croire que l'on se trouve dans un environnement urbain….

Passons à présent au Stade, qui tient encore debout, mais dont le terrain a été largement reconquis par Dame Nature…





Sous le terrain, Dame Nature aussi reprend ses droits….

Ensuite, trajet de quelques minutes sur un grand boulevard (l'ancien Prospekt Ukraïny il me semble), très large et entouré de hautes barres d'immeubles…

On arrive devant l'école:


Hall d'entrée:

Salle de classe de Chimie:

En URSS, les calculatrices étaient une rareté, et n'ont commencé à être diffusées (timidement) que vers le milieu des années 80. A la place, on utilisait des bouliers, y compris dans les commerces, à la caisse…

Au RDC, on tombe sur un tas de masques à oxygène, dont l'école était pourvue, en cas d'attaque non-conventionnelle venant d'un ennemi de l'Union Soviétique…

Salle de propagande, consacrée à la doctrine Marxiste-Léniniste:

Ouvrage de Marxisme-Léninisme, dans la Langue de Goethe, trainant par terre, quel gâchis…

Salle de propagande, consacrée à la Grande Guerre Patriotique (1941-1945):


Affiche reprenant le thème du Soldat Soviétique sauvant et tenant un enfant dans ses bras, comme dans le Mémorial de Treptower Park à Berlin
"Gloire à vous, les braves!
Vive les intrépides!
Le peuple vous chante gloire éternelle
Ceux qui ont vaillamment vécu la mort encerclés
Le souvenir de vous jamais ne mourra!"

Dans le couloir, à côté du Hall, un encadré vante les acquis et les suites du XXIIème Congrès du PCUS, tenu quelques semaines avant la catastrophe (25 Février-6 Mars 1986):

Dans la cour intérieure de l'école, Dame Nature a aussi repris ses droits…


Un peu plus loin sur Ulitsa Sportinvnaya, axe lui aussi très large et entouré de hauts immeubles…

…on tombe logiquement sur le centre sportif:

Salle de basket:

Mais l'icône de ce bâtiment, c'est sans aucun doute sa piscine, laquelle est restée ouverte jusqu'en 1996 à l'intention du personnel travaillant encore à la centrale ou à la surveillance du secteur…


Depuis le bord de la piscine, on a une vue un peu plus dégagée sur les environs que depuis la rue:

Un peu plus loin, toujours sur Ulitsa Sportivnaya, au N°38, se dresse le plus immeuble de la ville, avec ses 16 étages:



Hall d'entrée:

Ascenseur, HS, et de toutes façons, il n'y a plus d'alimentation électrique depuis belle lurette…

Visite d'un appartement, abandonné depuis le Dimanche 27 Avril 1986 après-midi…


L'allure des intérieurs peut faire sourire, mais c'était la mode l'époque en URSS, et même le nec plus ultra de ce qui était accessible à la classe moyenne soviétique, Pripyat' étant alors une ville très privilégiée dans ses approvisionnements.
Arrivé sur le toit de l'immeuble, on jouit d'une vue très dégagée (enfin!!! ;-) sur la ville et ses environs.
En direction de la centrale, on voit très bien le nouveau sarcophage-arche en cours de finition:

Dans la même direction, vue vers la place principale…

… et le parc d'attractions:

Ulitsa Sportivnaya,


Vue en direction du Sud (Ecole):

Toujours en direction du Sud, on peut remarquer la Forêt Rouge, qui doit sa couleur à la sève de ses arbres, brûlée par le souffle radioactif libéré par l'explosion du réacteur de la Tranche N°4 de la centrale…

…ainsi que les installations de détection-antimissile "Chernobyl 2", au loin, dans la forêt:

Après 2h de marche à travers la ville, il est temps d'en repartir. Pripyat', en tant que ville soviétique modèle, bénéficiait d'infrastructures de qualité et de magasins bien achalandés. Il fallait en effet donner de quoi se distraire et s'occuper sainement au personnel de la centrale, à des fins de prévention de l'alcoolisme, tout comme il fallait aussi permettre à cette population de sortir un maximum dans des lieux publics, officiellement pour réaliser le "vivre ensemble socialiste" entre camarades, mais aussi à des fins de surveillance mutuelle…
Malgré ses nombreuses infrastructures, Pripyat' était dépourvue de tout lieu de culte, en droite ligne de l'Athéisme officiel soviétique. A la différence de Chernobyl, je n'y ai pas aperçu la moindre petite chapelle aménagée suite à la disparition de l'URSS.
On remonte dans le minibus, passage sur le Pont de la Mort à la sortie de la ville, après le checkpoint. Ce pont sur la voie ferrée Kiev-Pripyat' doit son nom au panorama dégagé qu'il offre sur la Centrale Lénine. Dans les minutes qui ont suivi l'explosion, il a servie de "belvédère" aux curieux, émerveillés par les couleurs émises par le réacteur en fusion, spectacle qui leur fut hélas fatal dans les jours qui suivirent…

Quelques minutes plus tard, arrêt à la cantine de la Centrale, attenante à la Tranche N°1, pour une pause-déjeuner de 45min…

à l'entrée de la salle à manger, il faut passer à travers ce portique de mesure:

Devant la cantine, il y a pas mal de chiens errants. Aucun risque de morsure, ceux-ci sont nourris par l'homme, et très sociables… mais il n'est pas recommandé de les toucher. eux-ci étant en liberté, ils ont donc tout le loisir de gratter et de se rouler où bon leur semble, y compris dans des zones encore fortement contaminées au plutonium…

Après cette pause-déjeuner bien méritée, nouvel arrêt à proximité de la cantine, un peu au delà de la Tranche N°1, sur le pont ferroviaire (embranchement de desserte de la Centrale) au-dessus du canal qui reliait la centrale au bassin de refroidissement construit à proximité de la rivière Pripyat':

Depuis le pont, on aperçoit le chantier des Tranches N°5 et 6, arrêté suite à la catastrophe:

Mais la grande attraction de ce lieu, ce sont les poissons-chats géants qui prospèrent sans dérangement dans le canal depuis 30 ans, celui-ci ayant été fermé et donc coupé du bassin de refroidissement. Les candidats à la baignade éventuelle doivent avoir à l'esprit les risques encourus: outre la présence inévitable de radionucléides dans cette eau, les bébêtes sont particulièrement hargneuses et n'hésitent pas à s'attaquer à l'homme…

On remonte dans le minibus, et après avoir contourné la centrale, on s'arrête enfin devant le "saint des saints", à 300m de la Tranche N°4 et de son sarcophage construit en 6 mois. Postérieurement au XXème anniversaire de la catastrophe, un monument a été construit:


Instant de recueillement à l'intention des victimes de la catastrophe, des liquidateurs, et plus encore des pompiers qui se sont sacrifiés début mai 1986, afin d'empêcher une 2nde explosion, qui aurait été autrement plus violente que la 1ère, et dont l'onde de choc aurait soufflé toute la moitié Est de l'Europe…
Mais il n'est pas si évident de se recueillir ici, car le chantier du nouveau sarcophage-arche diffuse un ronron continu :-( Quel contraste avec le silence qui règle à Pripyat'…
Le dosimètre s'affole…modérément:

Dans le cadre des travaux de construction du nouveau sarcophage-arche, le sarcophage existant a du être consolidé une fois de plus. A l'extrémité de la Tranche N°4, on remarque aussi une salle de contrôle en cours de construction. Mais même renforcé, le sarcophage porte la trace de 30 ans d'intempéries (le fameux Général Hiver…) et a aussi été rongé par la radioactivité qu'il est censé contenir…

La cheminée de ventilation n'est plus celle d'origine. Cette dernière a été récemment démontée et remplacée par une autre, repositionnée intégralement au-dessus de la Tranche N°3:

Le sarcophage-arche est quasiment terminé. Haut de 100m, il sera poussé (sur des rails) au dessus de la Tranche N°4 courant Novembre. En amont de sa construction, il a fallu décontaminer son site d'assemblage et toute la zone incluse entre celui-ci et la Tranche N°4. En effet, à la suite de la "Liquidation" intervenue entre Mai et Novembre 1986, des engins de chantier, camions, outils… contaminés avaient été enterrés dans ce périmètre par les liquidateurs:

Le minibus repart en direction de la ville de Chernobyl, mais marque un bref arrêt peu après, le long du canal qui reliait la centrale au bassin de refroidissement. Dernière vue (complète) de la centrale:

Aperçu des Tranches N°5 et N°6 qui étaient en construction lors de la catastrophe:


Tour de refroidissement qui faisait partie du projet, vu que le bassin de refroidissement des Tranches N°1-4 était à sa capacité maximum:

Peu avant de rentrer à nouveau dans la ville de Chernobyl, le minibus tourne en direction de l'Ouest. A l'entrée de cet embranchement, un arrêt de bus "Potemkine", où aucun bus ne s'arrêtait, mais qui était censé faire croire qu'au bout de cet embranchement se trouvait un camp de vacances de Komsomolski…

Mais au bout de 12min de trajet lent car très cahoteux sur une piste faite de dalles de béton mal scellées et s'étirant au milieu d'une épaisse forêt, voici le genre de de colonie de vacances pour jeunes communiste qui se trouve au bout: les installations militaires de "Chernobyl 2" (aperçues depuis le toit du Ulitsa Sportivnaya 32)

Il faut encore marcher quelques minutes…


…avant de parvenir enfin au pied de ces imposantes installations, qui furent évacués dans les heures qui suivirent l'explosion du réacteur de la Tranche N°4 (à la différence des habitants de Pripyat' qui durent attendre 1 jour et demi supplémentaire…)





Comme à Pripyat', il y règne un silence bienfaisant…
On repart direction Chernobyl, et à l'entrée de la ville, un arrêt est marqué afin d'admirer les engins et robots utilisés pendant le déblaiement des morceaux de graphite hautement contaminés autour de la centrale, et la construction du sarcophage:


A proximité, un monument consacré aux pompiers irradiés après avoir essayé d'éteindre l'incendie du réacteur de la Tranche N°4 dans les minutes qui suivirent son explosion:

Particularité de ce monument: il a été financé par des dons privés, en argent comme en nature.
"A ceux qui ont sauvé le Monde" (En Ukrainien)

Traversée de la ville de Chernobyl, sans arret cette fois:


Au checkpoint de sortie de la zone d'exclusion à 30km, passage sous portique de mesure. Verdict: bon pour revenir dans notre monde…

Selon le dosimètre, j'ai pris 0.04 Millisievert, soit la même dose de radiations que celle que l'on reçoit lors d'un vol de 2h…
Vers 20h, arrivée à Kiev. Bâtiment de l'extension Sud de la Gare Centrale:

Au final, une très bonne journée, très instructive, et avec un temps agréable, propice à la découverte de lieu tant en ce qui concerne la catastrophe elle-même que le petit bout d'URSS que constitue la zone de Chernobyl…
6. Préparatifs de la Fête Nationale




En 2014 et 2015, rien n'avait été organisé, mais en 2016, le gouvernement a tenu à marquer le coup. La ville a été décorée abondamment avec ces panneaux (en Ukrainien):

"25
Ans d'indépendance
Buts de la politique"
La veille de la Fête Nationale, le Mardi 23 Août, je me trouvais par hasard devant la cathédrale et le Monastère Ste-Sophie peu avant 9h, et quelle ne fût pas ma surprise de voir la moitié de cette place bouclée pour organiser un rassemblement impromptu, avec le Président Petro Poroshenko en personne, arrivant en voiture:

Au terme d'un bref discours de ses partisans, il a promis que le drapeau Ukrainien flotterait à nouveau bientôt sur le Donbass et la Crimée…

Quelle chance d'avoir volé à bord d'un avion du Paris Saint Germain. Dommage que tu n'aies pas rencontré de joueurs à bord. Je connais certains comme un certain Nicolas qui seraient jaloux. LOL
Super intéressant bonus de la visite de Chernobyl. Je ne savais qu'il était possible d'aller sur le site.
Les photos de la ville-fantôme sont effrayantes.
Tu es sûr que tu es bien revenu à la maison avec uniquement dix orteils et que tu ne brilles pas dans le noir?
Merci Philippe
Merci pour ton commentaire ;-)
Viens vu pour l'immatriculation de l'appareil, j'avais oublié de la vérifier.
Pripyat' a déjà servi de décor de film, c'est dire la spécificité de cet endroit, pas si effrayant que ça, et même agréable, vu qu'il n'y a aucun bruit, que la nature y est reine, et que l'on y est débarrassé de toutes ces agressions publicitaires qui sont légion en milieu urbain. En RPDC, j'avais eu cette impression, mais dans une moindre mesure, vu que la propagande Juche y remplace la publicité...
Vol intérieur avec eau plate, JP fait exactement la même chose... En vol international, sinon c'est du BoB
Je ne savais pas qu'une navette existait entre l'aéroport et le centre ville, en connais tu les horaires de fonctionnement, à l'aller comme au retour.
Il existe un musée dédié à la catastrophe de Chernobyl dans le centre ville de Kiev, il était fermé lors de mon passage
Bonus hyper intéressant sur cette immense catastrophe et son site
Merci Philippe pour ce partage, à bientôt !
Merci Hervé ;-)
Dans le cas de UIA, il n'y a même pas de BoB pour compléter. Un service de boissons un minimum étoffé est quand-même de l'ordre du raisonnable, même si dans cette partie du monde, les Legacies sont tendance à singer les low-cost dans la prestation à bord...
Ta question sur le SkyBus a déjà eu une réponse fort bien étayée, je me permets juste de rajouter que l'arrêt intermédiaire marqué au métro Kharkovskaya est un atout décisif en cas d'embouteillages sur le pont du Dniepr (ou en amont côté Ouest).
Merci pour ce FR et le bonus super intéressant, tout comme indianocean, je ne savais pas qu'il était possible de visiter Chernobyl.
Merci pour le commentaire ;-)
La visite est possible, mais les places sont assez limitées, donc il est préférable de réserver au moins une bonne semaines à l'avance.
Vol sans surprise avec une cabine confortable mais à l'eau ferrugineuse :)
Magnifique bonus atomique.
Super intéressant.
Merci pour ce FR !
Merci pour le commentaire ;-)
Même pas le choix entre eau plate et eau gazeuse, c'est vraiment un impair dans cette parie-là du Monde.
Merci pour le FR! Mais encore plus pour le bonus : prenant, triste mais tellement intéressant à la fois. Une page de notre histoire dorénavant accessible.
Merci pour le commentaire ;-)
Triste, effrayant; et fascinant à la fois. Avec une notre d'espoir aussi, puisque la vie végétale et animale prospère dans la zone...
Merci pour cette suite,
Le terminal moderne de HRK est bienvenu ! J'ignorais que UIA avait un vol LC vers JFK.
A bord c'est un peu disette mais guère étonnant.
Le réseau et la compagnie ont souffert de la rupture avec la Russie. Ce qui explique l'aggressivité commerciale de UIA à DXB. Souvent très bien placés en Y et en J. S'ils adhéraient à une grande alliance (pas skyteam à coup sûr ! ni *A du fait de TK) cela pourrait les aider... Reste à savoir s'ils sont suffisamment corrects aux yeux de OW.
Avion et vol assez banal, mais bonus exceptionnel, par son sujet, la richesse de son iconographie et la qualité de son narratif :)
Merci pour le partage !
Merci pour le commentaire ;-)
Vol banal certes, mais avec infiniment moins de secousses et de chocs qu'avec le train Intercity ;-)
Merci pour ce FR, avec ces super bonus à en oublié que c'était un FR ;-)
L'ancien terminal à bien trouvé sa nouvelle fonction, car en effet il fait très VIP!
J'osais imaginer un meilleur service sur ce vol domestique... tant pis ;-)
Super bonus merci encore! Un endroit qui m'a toujours intrigué à visiter! Dans tout les reportages TV ou autre, j'ai toujours été surpris comme la nature reprends ses droits très rapidement, lorsque un endroit est abandonné.
À bientôt pour la suite!
Merci pour le commentaire ;-)
En général, l'architecture stalinienne classique est haut de gamme et soignée. Il vaut d'ailleurs bien mieux vivre dans une Stalinka construite au milieu des années 1930 que dans une Krushchyovka construite 30 ans plus tard ;-)
Chernobyl est vraiment une excursion à faire, mais c'est préférable à la belle saison.
Merci pour ce bonus exceptionnel. La photo de la grande roue de Pripyat est vraiment le symbole de cette ville abandonnée. Qui a été chargé de la construction de ce nouveau sarcophage?
Les photos des installations militaires sont aussi impressionnantes, avec ces mats de communication gigantesques.
Est-il possible d'accéder à Tchernobyl depuis la Biélorussie (région de Gomel)?
Merci pour le commentaire ;-)
Vinci est le constructeur du nouveau sarcophage, mais sa conception a été confiée à d'autres intervenants. A ma connaissance, les seules agences agréées pour la visite de la zone sont basées à Kiev et font partir et terminer leurs excursion dans cette même ville.
Le seul flux de personnes venant du Belarus à Chernobyl est en fait le contingent de travailleurs de la centrale (Tranches 1-2 et 3), relogé en urgence à Slavutich après l'accident, et qui lors de son trajet en train vers la zone, doit passer à travers un petit bout du territoire du Belarus.