Avis du vol Air France Hop Rennes Paris en classe Economique

Compagnie Air France Hop
Vol AF7639
Classe Economique
Siege 1F
Temps de vol 01:05
Décollage 13 Oct 19, 18:35
Arrivée à 13 Oct 19, 19:40
AF   #36 sur 71 Compagnies Un minimum de 10 flights-reports sur les deux dernières années est nécessaire pour apparaitre dans le classement. 873 avis
Ricercare
Par 1280
Publié le 7 juin 2020

Ouvertüre


Tremblez derechef : le navetteur fou est de retour pour narrer le retour de l'aller qui signait son retour. Pour un vol sans nulle fioriture, tapis rouge, ni pantalon rouge. Sans même un tout petit chœur de nymphes extatiques qui l'accompagnent en cortège alors qu'il foule de son pas auguste le tarmac où éclosent des fleurs dans son noble sillage. Il va donc falloir soit recourir à l'euphuisme le plus affecté, le plus agaçant, le plus révoltant ; soit jouer avec esprit sur les codes IATA des aéroports du jour, en se risquant au périlleux exercice théorisé ici-même – mais d'esprit je n'ai point et la langue françoise prête difficilement au synthoulipiste des mots contenant subséquemment les lettres concernées – ; soit jouer du DYKWIA féodal pour égayer ce piètre récit.

Bref.

FIAT ROUTING !


Routing


Et facta est routing.


Au commencement était Rennes


Et Rennes était bâtie autour de la place du Parlement de Bretagne.


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Notez qu'en ces lieux sévissait en son temps un mien ancêtre, rejeton désargenté d'une lignée tombée à travers les siècles des charges d'épée aux charges de robe, et dont le principal coup d'éclat fut d'avoir cru bon de s'opposer à Louis XV lors de l'affaire de Bretagne, avec pour résultat triomphal la dissolution du Parlement et la perte de sa charge, jusqu'à ce que Louis XVI pense bon à son avènement de rappeler à siéger les parlementaires déchus. Mais quand il n'était pas royalement congédié, il s'illustrait par un usage impitoyable de la question, des pendaisons, fustigations, et autres joyeux supplices qu'il prononçait à l'encontre des pauvres hères qui osaient couper sa file Church Priority à la messe dominicale. La civilisation est depuis passée par là pour réguler ce qu'il est admis de faire subir à son prochain, sans quoi ce fond amène et miséricordieux serait resté dans la famille !

C'est donc une larme à l’œil en me remémorant la grandeur d'âme de ce héros non-populaire que je me suis résigné à me rendre dans un hôtel voisin pour lever un verre de champagne trop plein à sa mémoire.


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Mon devoir de mémoire accompli, c'est avec la foi renouvelée du conquistador que je me suis élancé vers l'aéroport de Saint-Jacques de la Lande, impatient de découvrir le salon grandiose qui sommeille en ses murs.


RNS, une foule compacte et un non-salon


Mon vol embarquant à six heures, c'est peu après que les églises rennaises aient égrené cinq coups que je m'apprête à faire ma montée des marches, habile prétexte d'une dépense physique intense pour justifier à mes propres yeux mon discover-the-lounge du dimanche.


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Mais avant d'ajouter ce nouveau temple de débauche à mon catalogue de bacchanales en répertoriant environ mil e tre d'entre elles, comme eût fait dire Da Ponte à Leporello, il me faut traverser des terres hostiles où la main de l'homme n'a jamais mis le pied.


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Le PMU jacquolandin, d'où s'élèvent des conversations bruyantes heurtant mes tympans délicats, est pris d'assaut :


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La foule s'y presse pour cette carte où le Perrier et le demi pression font jeu égal. Notons que pour un peu moins que le prix d'une pinte, l'accès au salon s'offre au voyageur avide de luxe et de ségrégation sociale, sur la base d'un communisme galopant : n'ayant pas passé de convention avec Air France, il accueille contre les six mêmes euros le forcené couvert d'oripeaux platinés comme l'explorateur, pour reprendre la terminologie Flying-Bleue.


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Sur l'autre rive, un épicier tient son échoppe. La signalétique est typique des aéroports gérés par Vinci, comme NTE ou TLN pour ne citer que ceux dont je suis (fus) coutumier.


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Et un peu plus loin, symétriquement opposée au PIF, la zone d'enregistrement accueille son flot de voyageurs dominicaux.


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Bref. Le salon, objet de ma concupiscence avide et malsaine, se situe landside et en altitude. C'est un endroit idoine pour surplomber de sa morgue indomptable le troupeau de ses prochains regroupés en vertu du principe fondamental de l'humanité, théorisant sa propension – contrairement au reste de la nature qui a horreur du vide – à s'agglutiner autour des mêmes totems.


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Les sages, toutefois, savent profiter de la quiétude des moquettes inexplorées. Et c'est là que, drame parmi les drames, je constate avec effroi que mon plan de vautrage honteux dans le stupre le plus vil est contrecarré avec la force de l'évidence : le salon est fermé ! N'ayant point de pince-monseigneur, je ne pourrai pas même en forcer l'entrée pour offrir à mon lectorat transi de déception et de colère un lounge-report au forceps…


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MONDE INJUSTE ET CRUEL !

Oui, Kenavo, mes rêves de grandeur trois-étoiles-Michelin !


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Las, je me résous à quitter mon donjon pour descendre hardiment, le crucifix à la main, dans la basse-cour (librement inspiré des Mémoires de monsieur le vicomte de Chateaubriand).


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« FAITES PLACE, VILAINS ! » Mon antique droit de basse, moyenne et haute justice en ces terres que la Révolution a fort bien fait de m'ôter a de toute évidence empli de terreur les ribauds, qui m'ont cédé la place sans que j'aie besoin de recourir outre-mesure à d'immondes cris de bête asociale.


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Interrompant brièvement ma marche de triomphe, je vous présente cette synthèse des destinations ex-RNS, décoration murale fort à-propos. Je vous laisse juger de l'amaigrissement notable que cette liste risque de subir – à l'heure où j'écris ces lignes, le trafic passagers est toujours interrompu et Air France n'a guère prévu d'ouvrir que la ligne transversale vers Lyon à la mi-juin, sans précision aucune sur l'avenir.


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Naturellement, je n'avais en ce temps aucune conscience d'être le témoin d'une grandeur et d'un foisonnement bientôt passés. Aussi PIFai-je sans gravité ni priorité, car RNS ne déploie point de tapis rouge pour les CIP, VIP et autres lointains rejetons de la féodalité locale, ce qui ne fut guère un handicap pour déformer prestement les champs magnétiques des portiques et me retrouver airside en moins de temps qu'il me faut pour l'écrire.

Et airside, je fus accueilli par une foule compacte, ne laissant guère d'espoir au pax-resseux désireux de se seoir. Il faut dire que quatre vols partent dans la même demi-heure : deux pour Lyon (Air France et Easyjet) et un pour Toulouse précéderont celui opéré par mon fier palefroi.


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Qui, lui, ouvrira cette porte de son écurie pour me laisser l'approcher, lui faire moult offrandes de carottes et caresses sur le museau dans l'espoir de le convaincre de me conduire jusqu'à mon châtelet, dans tous les sens du terme.


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Porte ouverte, donc, après un quart d'heure d'attente verticale où je pus m'adonner au griffonnage de quelques épîtres intangibles.


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Las ! Il ne s'agissait que d'un pré-embarquement, et ce n'est qu'au terme d'un quart d'heure d'attente supplémentaire que je pus fouler l'humus de mes nobles ribouis. Bonjour à toi, fidèle Pégase !


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Glorieuse parade en palefroi


Accueil assez quelconque de la cochère en chef (CC), qui officiait par ailleurs sur mon vol aller. Blessé dans mon âme et ma chair par cet anonymat cinglant, je me laissai tomber, chancelant d'émotion, dans le premier siège venu.


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Au moins, son dodu pas a de quoi me redonner le sourire.


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Dehors, les coffres sont chargés par de courageux gilets-jaunes. Chez nous, et chez la charcuterie lyonnaise…


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… qui ne tardera pas à embarquer son lot d'homo sapiens.


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À ce propos, j'hérite d'un voisin. Le vol sera une nouvelle fois plein jusqu'aux dents, signe que la demande existe pour cette liaison. Vite, de l'air !!


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Je me lie à mon siège…


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… tandis que l'embarquement est annoncé achevé. Instant porte façon envers du décor, à l'instar de celui présenté lors du vol aller.


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Et pendant que les PNC entament cette ancestrale chorégraphie savamment étudiée pour invoquer la clémence des dieux des airs ou simplement rappeler qu'en cas de dépressurisation de la cabine, un masque tombera automatiquement à notre portée, nous commençons à trotter en direction de la piste.


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Brave bête, spécimen d'une espèce en voie d'extinction depuis le rachat par Mitsubishi de la ligne CRJ, sans intention de poursuivre sa production (demeurant assurée par les usines de Bombardier) au-delà des commandes déjà existantes.


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Ce camarade brésilien, en revanche, serait bien en peine de prendre à nouveau son envol.


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Quant à nous…


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… c'est avec une conviction plus certaine de notre capacité à transpercer sans vergogne cet amas nuageux compact que nous nous alignons.


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Au galop !


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Survol de quelques marais entourant l'un des deux cours d'eau donnant son nom on ne peut plus féodal au département.


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« Bien le bonjour, la Vilaine ! »


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Le Rheu.


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Et dans la foulée, virage !


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Pour obtenir une vue sur Saint-Thurial, Tréffendel et consorts, berceau historique de ma famille depuis la fin du Moyen-Âge jusqu'à fort tard dans l'histoire, puisqu'ils continuaient au dix-neuvième siècle à osciller entre leur champêtre baraque médiévale et leurs hôtels rennais, paraît-il plus seyants pour la mondanité. Vous aurez compris à la description de cette amplitude de mouvement que si je suis l'homme des navettes, mes aïeux avaient un goût de l'aventure encore plus minimaliste.


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Allez hop, revirement de situation.


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Je serais bien en peine de vous dire où nous sommes.


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Si ce n'est entre deux couches nuageuses, bien sûr…


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Voire entre une couche.


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Chiaroscuro all'ala.


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Et c'est là que mes sublimes aspirations artistiques furent interrompues par une offrande de nectar et d'ambroisie. La surface du nectar (ou de l'ambroisie, cela dépend des écoles) semble indiquer un virage à tribord en cours ; l'ambroisie (ou le nectar, en vertu de ce qui précède) est quant à elle emplie de folklore commercial. Pour le quart-rennais que je suis, une galette ne peut désigner autre chose qu'une fine préparation à base de farine de sarrasin, d'eau et de sel. Et certainement pas d’œuf ou de lait, œuvre des sataniques finistériens qui trahissent la recette des dieux lors de leurs messes noires. C'est là que mon quart finistérien pourrait se révolter : mais ayant du goût, c'est naturellement le haut-breton qui gagne ce violent débat interne. Et pendant ce temps-là, ma moitié parisienne considère qu'une galette est un gâteau de pâte feuilletée… Raaaaaaah, le métissage !!


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Et tandis que ma généalogie s'affronte dans une lutte sans merci…


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… nous commençons à rejoindre les landes cotonneuses éclairées par les rayons couchants de l'astre diurne.


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Un air-to-air indiquant parfaitement que même à l'apex de notre croisière, nous restons relativement proches des considérations bassement terre-à-terre.


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Je vous laisse le soin d'identifier l'appareil croisé, naturellement.


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Et nous descendons !



Ultimes vues du couchant…


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… avant de replonger dans l'amas d'H2O en suspension accompagné de sa farandole d'ions divers et variés.


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L'envers du décor !


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Et à la faveur d'un virage…


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… se dévoile le parc du château de Versailles et le grand canal…


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… qui cède aussitôt la place à un paysage nettement plus urbanisé. Et pas nécessairement plus urbain, cela s'entend.


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La nature reprend ses droits alors que nous nous enfonçons toujours plus dans l'obscurité enveloppant Roissy-en-France et sa myriade de charmantes bourgades accueillant mon aéroport d'élection. Notons que l'illumination de l'extrémité de l'aile est due au banal feu à éclat et non à un quelconque feu de Saint-Elme s'invitant pour perturber notre approche !


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Le temps est pourtant assez orageux, comme le cockpit l'avait d'ailleurs annoncé avant que nous prenions les airs. Quelques acrobaties aériennes plus tard, nous sommes alignés dans l'axe de notre piste :


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Terre !


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Et toucher des roues quarante-deux minutes après notre décollage. Pégase a presque pris son temps !


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Une fois à notre point de stationnement, je suis accueilli par quelques camelots tentant de me soudoyer sordidement par l'offrande d'un coffre empli de victuailles célestes.


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Vous pourrez les voir à l’œuvre à gauche de la photo suivante. C'était naturellement sans compter sur mon agilité légendaire ! En deux temps, trois mouvements, je m'extrais de ce traquenard.


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La suite de l'histoire est aisée à deviner. Sans un seul Te Deum donné en mon honneur, je fis procession à travers les couloirs, navettes et autres cours des miracles roisséennes pour me ruer enfin sur le premier transport venu (était-ce un taxi, était-ce un RER ? Je n'ai rien noté à ce sujet et ma mémoire me fait défaut !) qui me mena dans mon ersatz de château-fort à un étage, sans majordome, sans armures ornant des couloirs sombres et suintants, sans portraits de glorieux ancêtres anti-héroïques aux murs et sans montreur d'ours ni ménestrel. Ainsi va l'histoire, ce qui n'est peut-être pas plus mal !

Et ainsi s'achèvent aussi mes élucubrations du jour. Après une consultation de mes archives, j'ai constaté avec délices que malgré la sporadicité de mes prises de photos ces derniers mois je disposais de quoi achever die Kunst der Paris-Brest, narrer deux autres épisodes de ma navette favorite, et, clou du spectacle, relater à travers quatre épisodes un week-end cracovien en miroir des récits déjà publiés par Mogoy ici et ici. D'ici-là et si Dieu le veut, j'aurai selon toute vraisemblance effectué mes premiers vols post-apocalyptiques (prévus à la fin du mois) – saurais-je dès lors résister à la tentation de vous donner mon aperçu du nouveau monde ? Vous l'aurez compris : Ricercare will return !

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Verdict

Air France Hop

7.5/10
Cabine8.0
Equipage7.0
Divertissements7.5
Restauration7.5

Rennes - RNS

6.6/10
Fluidité6.5
Accès7.0
Services6.0
Propreté7.0

Paris - CDG

7.8/10
Fluidité8.0
Accès9.0
Services7.0
Propreté7.0

Conclusion

En miroir du vol aller, il s'agit ici d'un trajet purement utilitaire, sans nulle surprise mais très pratique. La cabine des ERJ Air France/Hop est confortable bien qu'un peu vieillissante, et offre un espace généreux au voyageur. RNS n'est pas à proprement parler agréable lorsqu'il est aussi saturé, mais il remplit honorablement son rôle d'aéroport régional. Demeure la déception de ne pas avoir pu visiter son salon, d'autant plus que je n'avais vu nulle mention de sa fermeture le dimanche lorsque je m'étais renseigné sur ses conditions d'accès ! Quant à CDG, rien de particulier à signaler. La grève, qui m'a fait devenir un client plus qu'assidu de G7 et d'Uber pour mes aller-retour entre Paris et ORY/CDG dans les mois qui ont suivi, ne faisait pas encore rage à cette époque, ce qui justifie la bonne note d'accessibilité.

Informations sur la ligne Rennes (RNS) Paris (CDG)

Les contributeurs de Flight-Report ont posté 11 avis concernant 2 compagnies sur la ligne Rennes (RNS) → Paris (CDG).


Pratique

La compagnie qui obtient la meilleure moyenne est Air France Hop avec 7.3/10.

La durée moyenne des vols est de 1 heures et 5 minutes.

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15 Commentaires

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  • Comment 555874 by
    Fleodo SILVER 412 Commentaires

    Merci pour ce report !

    En effet , Rennes, aéroport si prometteur risque de perdre bon nombre de liaisons. Entre la restructuration de Air France Hop ! celle chez IAG très présente à RNS ou alors la disparition de Flybe, l’avenir semble trouble. Seuls espoirs le maintien (?) de l’ouverture de la ligne vers Francfort ou l’implantation de Easyjet.

    A bientôt !

    • Comment 555882 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Merci pour la lecture et le commentaire !
      J'ai lu dernièrement que la direction de RNS avait désormais pour ambition d'attirer 500 000 pax par an. Pour mémoire, leur ambition pour 2020 (avant la crise) était de faire monter leur fréquentation, autour des 800 000 passagers annuels, à un million...
      À bientôt !

  • Comment 555881 by
    BESMRS 2332 Commentaires

    Merci pour ce FR ô « partner in crime » ?

    Je note que le Parlement de Bretagne a droit à la majuscule qui lui sied si bien ?

    Je relève que si on te passe devant pour la messe dominicale tu envoies ad patres le contrevenant, je suis prévenu :> j’arriverais avec le tonton corse, il réglera le problème de manière propre, rapide, définitive et sans bavure…

    Il est toujours aussi scandaleux qu’un Perrier coûte le même prix qu’une boisson alcoolisé … mais bon ce n’est pas comme si la santé publique était à la mode ?

    « Faites place, vilains » tsss la formule « Faites place manants » ne serait-elle pas plus appropriée ???
    Vilain : qui déplaît à la vue, qui est incommode ou désagréable
    Manant : Paysan (sous l’Ancien droit avant 1789)

    Pour ce qui est des privilèges de l’Ancien Duché et Royaume de Bretagne et de leur survivance en nostre temps, je te rappelle que le Conseil d’en haut (pardon le Conseil d’État) a jugé que les privilèges accordés aux bretons avaient bien été tous abolis un certain 4 août 1789 :> y compris la gratuité des routes et autoroutes :>

    • Comment 555884 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Moult salutations, tovaritch !

      Je relève que si on te passe devant pour la messe dominicale tu envoies ad patres le contrevenant, je suis prévenu :>

      Peuh ! Tout juste si je ronchonne in petto. La République m'a civilisé. Et encore, je confesse une assiduité toute relative aux offices. L'essentiel est ailleurs, n'est-ce pas !
      j’arriverais avec le tonton corse, il réglera le problème de manière propre, rapide, définitive et sans bavure…

      Nous autres bretons et corses avons la chance de parler le même langage : celui de la raison :-D
      Il est toujours aussi scandaleux qu’un Perrier coûte le même prix qu’une boisson alcoolisé … mais bon ce n’est pas comme si la santé publique était à la mode ?

      C'est certain. Et ça concourt aussi à renforcer les clichés tenaces disant que le jeudi soir, il y a plus de joyeux drilles ivres morts rue Jean Jaurès que rue Mouffetard !
      « Faites place, vilains » tsss la formule « Faites place manants » ne serait-elle pas plus appropriée ???

      Aaaah, merci de cette précision terminologique. Je pensais que les deux termes étaient équivalents, à dire vrai !
      le Conseil d’en haut (pardon le Conseil d’État) a jugé que les privilèges accordés aux bretons avaient bien été tous abolis un certain 4 août 1789 :>

      L'ancêtre que je mentionne, ayant d'ailleurs vu sa bicoque envahie par une centaine de paroissiens révoltés en ce fameux 4 août 1789, avait eu le bon réflexe de leur remettre sans tenter cette fois-ci une quelconque action héroïque toutes les matérialisations de ses privilèges, qui eurent tôt fait de finir au feu. Là où l'histoire se corse, c'est que les mêmes émeutiers lui avaient dans la foulée demandé de leur signer une autorisation d'incendier la demeure de son procureur fiscal... les gens savaient s'amuser à l'époque !!
      Merci pour la lecture et ton commentaire !
      À bientôt

  • Comment 555901 by
    lagentsecret 12385 Commentaires

    Merci pour ce FR

    " égayer ce piètre récit."
    Si tant est que le récit soit piètre la forme en est
    éblouissante

    "sans quoi ce fond amène et miséricordieux serait resté dans la famille !"
    Chassez le naturel...

    "N'ayant point de pince-monseigneur"
    L'aïeul a du frémir de voir son descendant défroqué être Gros-Jean comme devant ^^

    Bref cette quête du salon se termine comme celle de Don Quijote
    C'est tout de même assez indélicat d'avoir laissé planer, dans le retour illustré par le vol
    aller, la possibilité non pas d'une île mais d'un salon rennais :(

    "je me laissai tomber, chancelant d'émotion, dans le premier siège venu."
    Qui a conservé des stigmates du vol aller

    "mes aïeux avaient un goût de l'aventure encore plus minimaliste."
    mais plus prestigieuse

    " Raaaaaaah, le métissage !!"
    Il ferait passer le trouble dissociatif de l'identité pour une partie
    de plaisir !

    "Je vous laisse le soin d'identifier l'appareil croisé, naturellement."
    Un croisé ? Reconquista ou croisade des Albigeois ?

    "Ricercare will return !"
    D'autres offrandes musicales ciselées à venir :)

    A bientôt

    • Comment 555997 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Merci Gilbert de ce commentaire non moins ciselé et élégant

      Chassez le naturel...

      Et avec notre conversation en regard de l'opus précédent, la boucle est bouclée !
      C'est tout de même assez indélicat d'avoir laissé planer, dans le retour illustré par le vol aller, la possibilité non pas d'une île mais d'un salon rennais :(

      Je confesse un cynisme houellebecquien et fais acte de contrition. Ma quête sera donc désormais de poursuivre ce salon avec la foi de Don Quichotte, dussé-je voler sur Vueling pour rejoindre Consuegra
      Un croisé ? Reconquista ou croisade des Albigeois ?

      Ou un contre-révolutionnaire ? L'un des fils de l'aïeul mentionné était au nombre des chevaliers catholiques, ce qui lui a valu l'ire de la justice révolutionnaire puis les honneurs de Louis XVIII à la restauration. Mais il n'est pas de ma branche qui s'était ralliée avec sagesse à la bannière républicaine façon La Fayette de province, par authentique idéalisme ou par couardise, nul ne sait
      D'autres offrandes musicales ciselées à venir :)

      Que je m'efforcerai du mieux que je le puis de rendre à la hauteur de mes très honorables lecteurs :-)
      À bientôt

  • Comment 556011 by
    AirBretzel GOLD 9919 Commentaires

    Merci Bastien pour ce FR.
    Je ne doute pas que trouver porte close sur un salon ne soit finalement pas dramatique , tout ceci n'est qu'effet de manche.^^
    Le cabotinage est parfait et je me vois bien en spectatrice de cette pièce avec une perruque monumentale et une mouche coquette au coin des lèvres.

    Nous autres bretons et corses avons la chance de parler le même langage : celui de la raison :-D

    Attention l'Alsacien n'est pas en reste à ce sujet.
    A bientôt

    • Comment 556081 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Merci Valérie pour ce commentaire pétillant !

      Je ne doute pas que trouver porte close sur un salon ne soit finalement pas dramatique , tout ceci n'est qu'effet de manche.^^

      Je concède que je ne me suis point enfoncé dans les affres d'une dépression alcoolique suite à cet échec. Mais c'est en effet dramatique au sens théâtral du terme !
      Le cabotinage est parfait et je me vois bien en spectatrice de cette pièce avec une perruque monumentale et une mouche coquette au coin des lèvres.

      All the world's a stage... et ce théâtre est honoré de la présence d'un public si distingué.
      Attention l'Alsacien n'est pas en reste à ce sujet.

      Il est vrai. De fameux bretons en leur temps avaient fait édifier leurs palais cardinalices à Strasbourg et Saverne : ce sont des signes qui ne trompent pas !
      À bientôt !

  • Comment 556076 by
    okapi BRONZE 4030 Commentaires

    La voilà la blanche hermine, vive la mouette et Chandon entonnait à tue-tête l'okapi en lisant le programme lyrique de la buvette locale! Que du beau monde : Lancelot y côtoie la duchesse Anne tel un desperado en mal de galipette sous les regards pétillants de plus ou moins illustres membres de la lignée Perrier. Quelle mise en bouche que ma foi, aucun salon feutré ne saurait rivaliser avec autant d'audace dans ce mélange socio-culturel déroutant. Cette carte n'est pas Vilaine puisque s'y invitent sans montrer paviou gwen (ça m'arrange par les temps qui courent) estrangeois d'outre-Alpes et d'outre-Manche. Spritz et Chivas, dansez et narguez Cognac et Calvados, l'honneur est sauf!
    De quoi partir en croisade le cœur embaumé, PIF et PAF seront franchis haut la main.
    "Pour le quart-rennais que je suis, une galette ne peut désigner autre chose qu'une fine préparation à base de farine de sarrasin, d'eau et de sel." -> Et pan! Monsieur fait son cake...
    "Et pendant ce temps-là, ma moitié parisienne considère qu'une galette est un gâteau de pâte feuilletée… Raaaaaaah, le métissage !!" -> Il y aurait même une galette congolaise dans les listes officielles, dorée mais pas brune!
    "qui cède aussitôt la place à un paysage nettement plus urbanisé. Et pas nécessairement plus urbain, cela s'entend." -> Joli...
    Bref un vol sans saveur mais hautement relevé par des œufs frais et du beurre, comme quoi, tout est possible en ce bas monde. Un grand merci pour ce moment si divertissant.

    • Comment 556082 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Magnifique lyrisme inspiré par une sinistre pancarte de troquet-du-village où, l’œil torve, l'habitué dévisage l'estranger qui a l'audace d'y poser le pied : j'en suis étourdi, même si chacun sait ici l'Okapi capable de telles transfigurations.

      Quelle mise en bouche que ma foi, aucun salon feutré ne saurait rivaliser avec autant d'audace dans ce mélange socio-culturel déroutant.

      Nul doute à ce sujet ; mais eût-il été feutré ? Le mystère reste compact et entier, jusqu'à ce que quelque aventurier lève le voile sur sa nature...
      Il y aurait même une galette congolaise dans les listes officielles, dorée mais pas brune!

      Qui a l'air indiscutablement savoureuse et éveille ma curiosité d'ersatz d'aventurier culinaire : voilà qui pourrait m'inciter à franchir le quarante-huitième parallèle !
      Bref un vol sans saveur mais hautement relevé par des œufs frais et du beurre, comme quoi, tout est possible en ce bas monde.

      Le beurre, source d'une autre dichotomie gastronomique interne, est le sel de l'existence.
      Un grand merci pour ce moment si divertissant.

      Un immense merci pour ce commentaire si fin et élégant !
      À fort bientôt Guillaume !

  • Comment 556280 by
    tsow SILVER 2020 Commentaires

    Merci pour ce FR!

    Incroyable ce salon payant et en plus fermé le Dimanche... j'espère qu'il est gratuit pour les happy few qui voyagent en Business domestique!

    Pour le reste, un bon vol intérieur encore une fois bien plein: il faut dire qu'à part AF à CDG, les Cies européennes offrant des correspondances depuis RNS ne doivent pas être très nombreuses.

    À bientôt!

    • Comment 556282 by
      Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

      Merci Tiedel pour le commentaire !

      Incroyable ce salon payant et en plus fermé le Dimanche... j'espère qu'il est gratuit pour les happy few qui voyagent en Business domestique!

      Not even ! En fait il arrive que les salons indépendants n'aient pas de partenariat avec les compagnies aériennes, qui doivent avoir des critères de sélection bien précis (espace, nombre de places, offre, ... horaires d'ouverture). Certains exploitants estiment ainsi probablement plus rentable de vendre des accès à l'unité, ou des abonnements annuels, que d'entreprendre des travaux de mise à niveau.
      Pour le reste, un bon vol intérieur encore une fois bien plein: il faut dire qu'à part AF à CDG, les Cies européennes offrant des correspondances depuis RNS ne doivent pas être très nombreuses.

      Je pense même que pour les correspondances ex-RNS, la principale concurrente d'AF à CDG est AF à LYS... et le TGV intersecteur direct Rennes-CDG n'est pas en position de concurrence avec la ligne aérienne : cela prend un peu plus de 2h30 de faire le contournement de Paris via la LGV interconnexion Est (branche Nord passant par Massy si je ne dis pas de bêtises, mais en la matière mon partner in crime brestois est bien plus docte que moi !)
      À bientôt !

      • Comment 556291 by
        BESMRS 2332 Commentaires

        Dans le détail, pour aller de Rennes à Lyon...
        - LC Paris - Brest via St Brieux: Rennes (BV) - Bif de Cesson-Sévigné
        - LGV Bretagne-Pays-de-Loire: Bif de Cesson-Sévigné - Bif de Conneré
        - LGV Atlantique : Bif de Connerré - Massy TGV (BV) - Racc. de Massy
        - LC "Grande ceinture" : Racc de Massy - Bif de Valenton
        - LGV Ile-de-France: Valenton (bif.) - Crisenoy (bif)
        - LGV Sud-Est: Crisenoy (bif)- bif de Sathonay
        - LC de St Clair à Ruillieux: Bif de Sathonay à Lyon Saint Clair
        - LC de Collonges - Fontaines à Guillotière: Lyon Saint Clair - Lyon Part Dieu

        Je ne vois pas pourquoi tu passerais par Massy, on contourne Paris par le Sud :)

        • Comment 556300 by
          Ricercare AUTEUR 433 Commentaires

          Absolument d'accord, Herr Doktor Professor !
          Ma phrase alambiquée et ambiguë faisait référence au trajet Rennes-CDG qui dans mes obscurs souvenirs (j'avais dû le prendre trois ou quatre fois il y a cinq ans de cela) passait non loin de l'infâme plateau de Saclay et reliait les deux gares en un peu plus de 2h30. Ce qui est proche de la limite Le Mairesque, mais par rapport à l'avion la correspondance perd quand même nettement en fluidité avec les bagages (je l'avais testée deux fois sur un CDG-ICN, chargé comme une mule :-))

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